Horaires

mardi - mercredi - vendredi - samedi

de 10h à 18h (en continu)

Le jeudi

  • de 14h à 18h du 1er octobre au 31 mars
  • de 14h à 20h du 1er avril au 30 septembre

Besoin d'aide ?

aide.png

Espace América

section-america.jpg

  

Un centre documentaire sur les Arts et les Cultures de l’Amérique Latine.

 

Littérature contemporaine (en espagnol et en français)

Films de fiction ou documentaires 

Musique 

Livres d’art contemporain (en espagnol)

Cartes, revues ...

 

Trois publications permettent de découvrir ce fonds exceptionnel :

 

Note Latine, publiée sur le site de la médiathèque propose des notes de lecture sur la littérature latino-américaine traduite en français (Cliquer ici pour les archives). 

 

Criminales, publiée sur le site de la médiathèque propose des notes de lecture sur la collection "crimen y literatura" du fonds América. (Cliquer ici pour les archives).

 

Chronique de l'Ame, bulletin documentaire trimestriel qui propose des parcours de découverte du fonds América, à consulter sur place et à emporter si on le souhaite. (Cliquer ici pour les archives).

 

Tout au long de l'année des animations, en entrée libre, sont organisées pour connaître la richesse culturelle de l'Amérique Latine : club de lectores, projections, cycle cinéma  Doc Latino en été, exposition, rencontres...

L'Espace América est à la disposition des enseignants pour toute activité pédagogique.

Emprunts avec la carte d’adhérent à la médiathèque. Prêt inter-bibliothèques.

 

DOC LATINO TOUT L'ETE!

Doc Latino

Programme Juin-Août 2018

Des séances de cinéma documentaire proposées tout l'été par l'Espace América,

centre documentaire dédié aux Arts et aux Cultures de l'Amérique Latine

de la médiathèque de Biarritz.

____

Tous les jeudis, à 15h30

Auditorium de la Médiathèque de Biarritz

Entrée libre

____

Saudade : Du fado au semba

de Jean-François Bizot et Rémy Kolpa Kopoul(VF, 26 min.)

/ Carnaval à la Havane de Claude Santiago(VF, 26 min.)

 

Deux courts documentaires pour deux voyages musicaux. Le premier nous emmène sur la trace de l'héritage portugais au Cap Vert, en Angola ou au Brésil, le second nous fait découvrir les « comparsas » du carnaval havanais.

 

Jeudi 7 juin 2018, 15h30, Auditorium

____

 

Les troubadours de la Révolution mexicaine

d'Yves Billon et de Henri Lecomte

(V.O. Sous-titré en français, 53 min.)

 

Le Mexique est un conservatoire vivant de musiques qui sont les échos de sa longue et tumultueuse histoire notamment ceux d'un épisode fondateur de l'identité nationale : la Révolution de 1910.

 

Jeudi 14 juin 2018, 15h30, Auditorium

____

 

Saudade do futuro

De Marie-Clémence et César Paes

(V.O. Sous-titré en français, 90 min.)

 

Qu'ils soient journaliste, maire ou chauffeur de taxi, les migrants du Nordeste du Brésil nous parlent de « leur » Saő Paulo. Ils sont venus dans le sud du pays pour fuir la sécheresse ou chercher fortune ou tout simplement travailler. S'accompagnant de leur guitare ou de leur tambourin, les « repentistas » nordestins, véritables chroniqueurs du quotidien, improvisent des rimes et des vers chantés.

 

Jeudi 21 juin 2018, 15h30, Auditorium

____

 

Original funk, le son de la Nouvelle-Orléans

de Matthias Sanderson (V.F., 52 min.)

 

Berceau du blues, du jazz, du rythm'n blues, du funk, New Orléans a mélangé les apports français, espagnols, amérindiens, africains...une histoire de la musique américaine.

 

Jeudi 28 juin 2018, 15h30, Auditorium

____

 

Por la libertad : Carlos Reygadas

de Laurence Garret(V.F., 85 min.)

 

Né en 1971, Carlos Reygadas est une figure majeure du renouveau du cinéma mexicain. Influencé par Tarkovski et par Dreyer, il a déjà réalisé quatre films, de Japon à Post Tenebras Lux. Laurence Garret dresse son portrait à partir de ses archives personnelles.

 

Jeudi 5 juillet 2018, 15h30, Auditorium

____

 

El aguante : Résistance, patience, persévérance

de Nina Dupeux et Emmanuel Briand (V.F., 51 min.)

 

D'Argentine en France, des salariés menacés de licenciement sont, par nécessité plus que par choix, devenus des coopérateurs. Rien ne les y préparait. Tout était à inventer, à commencer par la solidarité indispensable pour résister aux forces conjuguées des propriétaires et de la police. Témoignages.

 

Jeudi 12 juillet 2018, 15h30, Auditorium

_____

 

Mattamorphose

de Guy Seligmann (V.F., 26 min.)

/Sarah Maldoror ou la Nostalgie de l'utopie

d'Anne-Laure Folly(V.F., 26 min.)

 

Deux courts métrages documentaires pour découvrir deux personnalités du monde américain : Arthur Bispo do Rosario, inspirateur involontaire de l'art contemporain brésilien et Sarah Maldoror, pionnière du cinéma politique noir antillais.

 

Jeudi 19 juillet 2018, 15h30, Auditorium

____

 

Les branleurs de La Havane

de Cécile Patingre (V.F., 50 min.)

 

À La Havane, comme partout dans le monde, il arrive que des exhibitionnistes sévissent dans les salles de cinéma. Caissières, ouvreuses et spectatrices témoignent de la banalité de ces agressions qu’elles vivent entre hargne et résignation. Mais hors de question de se priver de cinéma !

 

Jeudi 26 juillet 2018, 15h30, Auditorium

____

 

Bim, Bam, Boom : Las luchas morenas

de Marie Losier(V.F., 12 min.)

/ Zona Oeste

d'Olivier Zabat (V.O., 42 min.)

 

Frontalité et théâtralité dominent les entretiens qu'Olivier Zabat a menés avec les représentants de la « mauvaise vie » de Rio de Janeiro et où il concède à ses témoins, gangster ou policier,  un espace où puisse se dire la violence. Ce documentaire sera précédé d'un court-métrage sur des lutteuses professionnelles.

 

Jeudi 2 août 2018, 15h30, Auditorium

____

 

Cinémas mythiques – Cinéma du bout du monde

de Joêl Farges (V.F., 52 min.)

 

Récit de la naissance du cinéma au Chili et histoire de la colonisation de la Terre de Feu se mêlent dans ce documentaire illustré d'images d'archives et d'extraits de films.

 

Jeudi 9 août 2018, 15h30, Auditorium

____

 

Citoyens bois d'ébène

de Frank Salin (V.F., 52 min.)

 

Emmanuel Gordien est un "militant de la mémoire". Depuis vingt ans, il essaye avec son association de restituer à leurs descendants l'histoire et les noms oubliés de leurs ancêtres esclaves. Cette réhabilitation est accompagnée d'actions citoyennes : des stèles érigées dans l'espace public, en Ile-de-France et aux Antilles, portant les noms d'anciens esclaves.

 

Jeudi 16 août 2018, 15h30, Auditorium

____

 

Marta et Karina, en discrète compagnie

de Philippe Crnogorac (V.F., 69 min.)

 

En Bolivie, à Sucre, Marta et Karina vivent de la prostitution. Chronique de leur quotidien, ce film s'engage à leurs côtés et leur donne la parole. Elles récusent les préjugés à l'égard de leur « métier » sans minimiser la violence sociale qu'il implique.

 

Jeudi 23 août 2018, 15h30, Auditorium

____

 

Opération Correa :Les ânes ont soif

de Pierre Carles (V.F., 54 min.)

 

En 2013, la visite du président équatorien Rafael Correa se déroule dans un grand silence médiatique. Aucune radio, aucune chaîne de télévision n'évoque l'étonnant bilan social et économique de ce pays qui, depuis 2007, n'obéit plus au FMI. Enquête.

Jeudi 30 août 2018, 15h30, Auditorium

____

Note latine : « Les sept fous » de Roberto Arlt

Titre original : Los siete locos

Traduction d'Isabelle et Antoine Berman

(Belfond, 1981)

 

Né en 1900, mort en 1942, Roberto Arlt est une des grandes figures de la littérature argentine. De père prussien et de mère italienne, il est issu des grandes migrations européennes qui atteignirent le pays à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. Il fit peu d'études et toutes sortes de métier : peintre, employé de librairie, mécanicien...

Son premier roman, El juguete rabioso, fut publié en 1926 et on y trouve déjà les thèmes caractéristiques de son œuvre : le monde marginal de Buenos Aires, des personnages inquiétants et désespérés qui survivent sans foi ni loi, la frustration sociale, un monde chaotique et violent.

Le roman qui nous occupe fut publié en 1929, juste avant que commence ce que l'on appellera la « década infame », la décennie infâme, qui durera de 1930 à 1943 et qui sera marquée par la crise économique, la corruption, la révolte sociale et la répression. Tous ces éléments apparaissent dans le roman. Roberto Arlt publiera un roman qui prolonge Les sept fous et qui s'intitule Los Lanzallamas,Les Lance-flammes. On retrouve dans les deux romans les mêmes personnages désespérés et troubles des milieux marginaux de Buenos Aires : voleur, proxénète, prostituée, assassin...et Arlt, pour construire son récit, part de la folie qui est, tout à la fois, un espace d'exclusion et une zone de danger social.

Le personnage principal, Erdosain, est un obscur employé dans une situation difficile parce qu'il ne sait pas comment rendre l'argent qu'il a volé dans l'entreprise où il travaille. Il parcourt la ville en quête d'une solution et va croiser une galerie disparate de personnages : un pharmacien qui développe une méthode infaillible pour gagner à la roulette, un homme qui se dit astrologue et veut fonder une secte, un proxénète qui théorise sur la propension des femmes au sacrifice...

 

« En ouvrant la porte vitrée de la gérance, garnie de verres japonais, Erdosain voulut reculer ; il comprit qu'il était perdu, mais il était trop tard ;

Le directeur l'attendait, un homme de petite taille, corpulent, avec un tête de sanglier, des cheveux gris coupés à la « Humberto Ier », et un regard implacable qui filtrait par des pupilles grises comme celles d'un poisson ; il y avait également Gualdi le comptable, petit, maigre, doucereux, aux yeux scrutateurs, et le sous-gérant, le fils de l'homme à la tête de sanglier, un beau garçon d'une trentaine d'années qui avait des cheveux complètement blancs, un air cynique, une voix âpre et un regard aussi dur que celui de son géniteur. Aucune des trois personnages, le directeur penché sur des documents, les sous-gérant accoudé à une bergère avec une jambe qui se balançait sur le dossier, et M. Gualdi resté respectueusement debout près du bureau, ne répondit au salut d'Erdosain .»

Note latine : « Le paysan Aguilar » d'Enrique Amorim

Titre original : El paisano Aguilar

Traduit par Denise Laroutis

(Patiño, 2006)

Enrique Amorim (1900-1960), né en Uruguay, a vécu dès l'âge de quinze ans en Argentine. Il participe, dans les premières décennies du XXe siècle, à l'intense vie culturelle de Buenos Aires. Il fut romancier, poète, dramaturge et scénariste de film.

Le roman a pour cadre le monde rural d'Uruguay et met en scène un personnage, Pancho Aguilar, qui, après des études à la capitale, décide de reprendre l'estancia de ses parents et va, peu à peu, s'intégrer à la vie paysanne. Le récit d'une métamorphose sociale qui permet à l'auteur de déployer un portrait de la société de son temps : les grands propriétaires terriens, les ouvriers agricoles, les filles de service, les contrebandiers, les vendeurs de bestiaux, la petite bourgeoisie citadine, les politiciens de la capitale...

Un roman qui montre aussi le croisement des influences chez un auteur qui, d'un côté,  s'inscrit dans les traditions de la littérature folkloriste ou réaliste et, de l'autre, s'inspire des voies proposées par les avant-gardes de l'époque.

 

« Étriqué dans sa tenue urbaine, il descendit en ville. Il y retournait giflé de vent et de soleil. Il sentait dans ses mains la campagne, la campagne qui s'y était prise, faisant sortir des cals. Aguerri, endurci, il avançait dans les rues sans arbres, emmuré, gêné par la limitation de son champ visuel. Dans cet environnement de pierre et de ciment, il se sentait un peu comme un végétal, un arbre transplanté au tronc rugueux. Le visage fané, comme les feuilles d'une frondaison piétinée sur les routes.

En croisant ses amis, il percevait le frôlement de leurs regards. Les yeux des citadins de sa connaissance limaient les aspérités de ses gestes. Et sa figure tannée étaitindocile au sourire. Il lui fallait faire un effort pour écarter la commissure des lèvres, les ouvrir dans une expression aimable, cordiale. »

Note latine : « Les visages de l'air » d'Alberto Ruy-Sánchez

Titre originale : Los nombres del aire

Traduit par Gabriel Iaculli

(Éditions du Rocher, 1998)

 

Alberto Ruy-Sánchez est une des figures incontournable de la vie culturelle mexicaine actuelle. Il a étudié à Paris auprès de Roland Barthes, Gilles Deleuze ou  Jacques Rancière. Il dirige depuis 1988 la prestigieuse revue Artes de México.

Dans sa production littéraire, une série de cinq romans propose une exploration poétique du désir et a pour cadre la ville de Mogador, l'ancienne Essaouira, qu'il découvrit en 1975, alors qu'il avait vingt-quatre ans. Les visages de l'air est le premier volume de cette série et a remporté, lors de sa parution en 1987, un prix littéraire important du Mexique, le prix Xavier Villaurrutia.

Ces récits de Mogador d'une grande sensualité se veulent une recherche de la continuité culturelle qui lie le Maroc et le Mexique.

 

« La sixième heure s'écoulait à Mogador, heure de la sieste, moment où les astres silencieux se rajustent dans la géométrie de l'éther pour indiquer par leurs arabesques de nouveaux chemins aux hommes capables d'en déchiffrer les figures. Heure propice pour tirer les cartes, chercher les signes occultes, interpréter le chant des oiseaux ou les figures de fumée montant de l'encens.

Comme de nombreux habitants de Mogador, Aïcha, la grand-mère de Fatma, était certaine qu'à cette heure seulement pouvait se découvrir aux yeux humains l'écriture cachée en toute chose et en tout être. Pour la lire, elle se servait d'un jeu de cartes très répandu dans la ville de Mogador où on le connaissait sous le nom de la Baraja. »

Note Latine : « La mort se lève tôt » de Ramón Díaz-Eterovic

Titre original : Ángeles y solitarios

Traduit par Bertille Hausberg

(Métailié, 2004)

 

Ramón Díaz-Eterovic est un auteur chilien, né en 1956, qui a publié une série de romans noirs qui a la particularité d'interroger les relations entre le crime et le pouvoir politique et économique. Il a ainsi abordé des thèmes sensibles dans la société chilienne d'aujourd'hui : les disparus de la dictature, le narcotrafic, les manquements de la démocratie...

Le personnage principal de cette série noire est le détective Heredia, un homme solitaire qui parle avec son chat, nommé Simenon, et qui jette un regard désabusé sur la société chilienne post-dictatoriale. Dans ce roman-ci, il mène une enquête sur un trafic international d'armes inspiré d'un fait réel qui impliquait deux généraux.

 

« J'ai allumé une cigarette et soutenu trois secondes le regard de Simenon qui m'observait de ses yeux lumineux et moqueurs ; il rentrait d'une promenade sur les toits du voisinage et n'avait d'autre utopie que celle de manger son poisson quotidien et de disposer d'un coin tiède dans l'appartement. Il était allongé sur les baskets achetées au marché aux puces de la Gare centrale après avoir écouté le sermon d'un médecin qui m'avait conseillé d'arrêter de fumer et de faire de l'exercice pour atténuer la rigidité douloureuse de mes os. Un bon conseil même si ce charlatan avait fumé six de mes cigarettes pendant la consultation et si l'ampleur de son tour de taille s'inscrivait en faux contre l'enflure de son sermon.

-Fais-le une bonne fois pour toutes, a dit Simenon. Tu meurs d'envie de savoir ce qu'il y a dans l'enveloppe et seul ton stupide orgueil t'empêche de l'ouvrir.

-On t'a demandé ton avis ?

-C'est gratuit, Heredia. J'ai de la tendresse pour toi, tu le sais bien. »

Note Latine : « Le trille du diable » de Daniel Moyano

Titre original : El trino del diablo

Traduction d'Annie Morvan

(Robert Laffont, 1983)

 

L'Argentin Daniel Moyano (1930-1992) compta parmi les victimes de la dictature. Arrêté en 1976, il s'exila ensuite en Espagne où il vécut jusqu'à la fin de sa vie. Son œuvre parle de la marginalité, de la violence, de la répression politique, de l'exil mais aussi de l'espoir et des rêves.

 

Candeur, absurde et ironie caractérisent ce petit roman, Le trille du diable,  qui commence avec la fondation de la ville de Todos los Santos de la Nueva Rioja, une ville vouée au malheur. Suivent alors les tribulations de Ticlinio, enfant pauvre de cette ville, qui a la particularité d'entendre la musique du monde et d'échapper ainsi au désespoir. Un récit comme une parabole pour dire la violence de la dictature et l'idéalisme blessé.

 

On trouvera aussi dans cette édition, une nouvelle de facture surréaliste qui raconte une histoire d'amour et de musique : Marie Violon. Daniel Moyano était professeur de musique.

 

« -Comment ? Qu'y a-t-il ? Demanda Triclinio. Puis : pardon, je n'ai pas entendu. J'écoutais l'eau de la rivière et cela m'a distrait. De quoi s'agit-il ?

Le vieil homme s'inquiéta une fois de plus des distractions répétées de son fils. « Comment ? Tu n'écoutes donc jamais rien ? » - « C'est que je n'entends jamais rien », répondit Triclinio. - « Et pourquoi n'entends-tu jamais rien, si on peut savoir? » Triclinio fit sa tête de linotte et dit « Comment? » Et le père : « Qu'est-ce que tu as ? Pourquoi n'entends-tu jamais rien, bon sang ! » - « parce que j'ai la tête pleine de sons. Tu vois en ce moment, j'entends toutes les notes du ruisseau et j'en ai pour plusieurs jours. »

Car c'était la façon de Triclinio de contempler le monde obscur et tourmenté qui l'entourait. »

Criminales: "Trabajos del reino" de Yuri Herrera

(Caceres : Periférica, 2008)

 

Trabajos de reino es la primera novela de ese escritor mexicano nacido en Actopan, en 1970. Un libro que puede incluírse dentro del grupo de textos designado por el término de “narcoliteratura”, una literatura que emerge al principio de nuestro siglo y que trata de los fenómenos ligados al tráfico de droga en América Latina y en Estados Unidos. De hecho, el héroe de este relato es un cantor de corrido, género musical tradicional mexicano, quién improvisa para un capo cantos que celebran sus hazañas y los grandes eventos de su pandilla. Ese grupo delictivo esta presentado en la novela como una verdadera corte y el cantor aparece como un aedo.

Los personajes de la novela no tienen nombres, están presentados como arquetipos de cuentos – el rey, el traidor, el doctor, el artista- en un texto organizado por las solas reglas del arte poético como se cantaba antaño las hazañas de los héroes. Ese juego literario le da a la novela un sabor de atemporalidad y propone el espejo torcido del mito para una historia de violencia y de tragedia muy actual. Sólo al final de la novela el aedo cantará con su propia voz, podrá recuperar su lugar de Hombre y volverá a tener realmente su nombre.

 

 

 

Criminales: "Daimón" de Abel Posse

(Emecé, Buenos Aires, 1989)

 

Abel Posse es uno de los grandes autores de la literatura argentina actual. Nacido en 1934, escribió novelas, ensayos, cuentos, poemas a la vez que colaboraba de manera regular con periódicos tales como La Nación de Buenos Aires, El País y El Mundo de Madrid o El Nacional de Caracas. También fue profesor y diplomático.

 

En 1978, publica Daimón, primera parte de una trilogía dedicada a la Conquista que incluye también Los perros del paraíso (1983, Premio Rómulo Gallegos) y El largo atardecer del caminante (1992).

Encontramos con Daimón el mismo método que usa Gabriel García Márquez en Cien años de soledad : concentrar toda la historia de América Latina en un solo relato. Aquí es la historia del conquistador Lope de Aguirre que sirve para el proyecto.

 

Las etapas principales de la vida del conquistador y los personajes que lo rodearon aparecen en la novela. Una vida turbulenta de posteridad dudosa.

Se embarcó para las Indias Occidentales en 1534 y pronto se dió a conocer por su violencia y su crueldad. En las guerras civiles que oponen los españoles después de la conquista de Perú por Francisco Pizarro, toma partido por ese último. En 1544, cambia de bando y se pone del lado de Blasco Núñez Vela, primer virrey de Perú.

Sin embargo, es arrestado por haber violado las leyes de protección de los Indios y el juez Francisco de Esquivel lo condena a ser latigado públicamente. Lope de Aguirre perseguirá el juez durante más de tres años y lo matará.

En 1552, participa a la sublevación contra el virrey Antonio de Mendoza pero en 1559, se alista para la expedición al mando de Pedro de Ursúa y ordenada por el virrey de Perú Andrés Hurtado de Mendoza con el fin de encontrar el legendario El Dorado. Lleva consigo su amante, doña Inés de Atienza y su hija Elvira. La expedición cuenta con 300 soldados españoles, 500 indios a cargo del material y unas decenas de esclavos negros. Viajan por el río Marañon que dará su nombre a la compañía.

La exploración fue infructuosa y las condiciones muy duras. Dirigida por Lope de Aguirre, la tropa se amotina, asesina Pedro de Ursúa y nombra como nuevo jefe Fernando de Guzmán. Lope de Aguirre, quién niega la autoridad del rey, decide formar un reino independiente y Fernando de Guzmán es nombradoPríncipe de Tierra Firme y Perú”. Pero el que manda de verdad es Lope de Aguirre, no Fernando de Guzmán. En poco tiempo elimina todos los que se oponen a su autoridad, y también Guzmán y los que le son fiel.

Encabezando un grupo reducido de hombres, los "marañones", llega hasta la costa atlántica, se apodera de embarcaciones y emprende conquistar el Virreinato de Perú. En 1561, cuando toma la isla Margarita, en la costa de Venezuela, manda una carta al rey de España en la cual lo insulta y firma “Príncipe de la Libertad. Lope de Aguirre tendrá un fin trágico. Traícionado, asediado por la tropas reales, mata a su hija y a algunos de sus últimos compañeros y muere asesinado por uno de sus antiguos fieles. Su cuerpo será despedezado y disperso.

 

Abel Posse decide explorar el personaje en su dimensión de arquetipo de la independencia americana y elabora un relato como un palimpsesto con una cronología turbada : Aguirre y los que lo rodearon atraviesan la historia americana de la Conquista a las dictaduras contemporáneas. Así el Negro Niceforo, el esclavo, se ve negado un puesto de gendarme cuando emerge la república liberal que sigue la Independencia. Mientra el verdugo Carrión se volverá coronel...Abel Posse propone una lectura criminal y demoníaca de la emergencia histórica de América.

 

Basado en el enfrentamiento originario que fue la conquista, su relato del continente se vuelve eco de dos imaginarios (el de los conquistadores, el de los conquistados) e irrumpe en la dimensión mitológica de la Historia. Cada capítulo está introducido por un arcano : el Juicio, el Diablo, la Emperatriz...A lo largo de la novela, encontramos supersticiones y creencias que acompañaron el proceso de sincretismo cultural: las Amazonas, El Dorado, el chamanismo...y es interesante notar que la novela empieza con la exposición de una cacería salvaje, manada de muertos encabezada por un rey que causa terror aquí representado por Aguirre y su tropa constituída por la gente que él asesinó.

El universo fantástico que despliega la novela hace de América un espacio intermediario entre la Historia y la mitología. Personajes reales y personajes literarios se mezclan, los animales comentan lo que ocurre, el relato se vuelve delirio...


Un investigador de la Universidad de Murcia, Alejandro Hermosilla Sánchez, en un árticulo titulado El « daimón » del Lope de Aguirre de Abel Posse recuerda querappelle que « Durante lo que se conoce como platonismo medio se produjo una disquisición bastante interesante. Ésta consistía en la creencia en seres intermedios (démones, genios, potencias, espíritus) que servían de intérpretes, mensajeros, medios de relación y comunicación directa con la divinidad, que presidían revelaciones y predicciones, que salvaban la desolada separación del hombre de los Dioses y que hacían posible la transmisión de la acción providente divina hasta las criaturas inferiores.». El artículo vuelve sobre la historia de la noción de “demonio” que parece explorar Abel Posse en su novela: una noción que designaba una especie de espíritu inspirador del destino individual en los tiempos antiguos y que, poco a poco, llegó a designar el mal absoluto.

El novelista juega con las dos accepciones de la noción: el destino de Lope de Aguirre es trágico, infernal pero inspirado. Su destino abraza el de América porque fue uno de los precursores del espíritu de la independencia. Pero el Aguirre de Abel Posse es también eco de Fausto ligado por pacto al diablo y más aún eco de Don Juan que se niega a arrepentirse y sigue desafíando a Dios: "El hombre es solo su revuelta” podemos leer en la novela.

 

Página oficial de Abel Posse

Biografía de Lope de Aguirre

El “daimón” del Lope de Aguirre de Abel Posse por Alejandro Hermosilla Sánchez