Horaires

mardi - mercredi - vendredi - samedi

de 10h à 18h (en continu)

Le jeudi

  • de 14h à 18h du 1er octobre au 31 mars
  • de 14h à 20h du 1er avril au 30 septembre

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Espace América

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Un centre documentaire sur les Arts et les Cultures de l’Amérique Latine.

 

Littérature contemporaine (en espagnol et en français)

Films de fiction ou documentaires 

Musique 

Livres d’art contemporain (en espagnol)

Cartes, revues ...

 

Trois publications permettent de découvrir ce fonds exceptionnel :

 

Note Latine, publiée sur le site de la médiathèque et archivée sur le blog l'Ouvre-Muraille, propose des notes de lecture sur la littérature latino-américaine traduite en français.

 

Criminales, publiée sur le site de la médiathèque et archivée sur le blog Apuntes delictivos, propose des notes de lecture sur la collection "crimen y literatura" du fonds América.

 

Chronique de l'Ame, bulletin documentaire trimestriel qui propose des parcours de découverte du fonds América, à consulter sur place...et à emporter si on le souhaite.

 

Tout au long de l'année des animations, en entrée libre, sont organisées pour connaître la richesse culturelle de l'Amérique Latine : club de lectores, projections, cycle cinéma  Doc Latino en été, exposition, rencontres...

L'Espace América est à la disposition des enseignants pour toute activité pédagogique.

Emprunts avec la carte d’adhérent à la médiathèque. Prêt inter-bibliothèques.

 

Doc Latino

Séances de cinéma documentaire proposées par

l'Espace América de la Médiathèque de Biarritz.

Tous les jeudis, à 16h

Auditorium de la médiathèque

Entrée libre

Programme Juillet-Août 2017

 

Le rideau de sucre

de Camila Guzman (VO sous-titré en français, 80 min.)

Portrait intime d’une génération qui était sur les bancs de l’école dans les années 70, à l’apogée du régime cubain. Ce film rend compte de leur enfance, semblable à aucune autre et explore, à travers leur regard de jeunes adultes, ce qui est arrivé depuis à ce pays. Projection suivie d'un débat.

 

Jeudi 13 juillet 2017, 16h, Auditorium

 

Ça tourne à Villapaz

de Maria Isabel Ospina (VO sous-titré en français, 52 min.)

Víctor González est devenu cinéaste avec son premier téléphone portable. Il s’en donne à cœur joie pour tourner des mélodrames ou des films d’horreur pittoresques dans lesquels il fait jouer les habitants de son village.

 

Jeudi 20 juillet 2017, 16h, Auditorium

 

Sur un air de révolte

de Franck Salin (VO sous-titré en français, 52 min.)

« La Gwadloup sé tannou, la Gwadloup sé pa ta yo » proclamait le chant qui se répandit comme une traînée de poudre dans toute la Guadeloupe au moment de la grande grève générale de 2009. En racontant l'histoire de ce chant, le film explore les liens qui unissent depuis toujours les luttes sociales et le gwoka, musique noire de Guadeloupe.

 

Jeudi 27 juillet 2017, 16h, Auditorium

 

Andacollo, Chili : l'or et l'espérance

de Jean-Pierre Sanchez(VO sous-titré en français, 61 min.)

Avec des images d’archives et des témoignages des habitants, le réalisateur dépeint l’extraordinaire dévotion à la Vierge d’Andacollo, bourgade minière du nord-est du Chili. Une ferveur qui se nourrit de deux traditions : le culte marial et culte a la « Pacha Mama », la terre-mère.

 

Jeudi 3 août 2017, 16h, Auditorium

 

Terre humaine

de François Chayé (VO sous-titré en français, 52 min.)

Aventure éditoriale hors du commun, par sa diversité, sa démarche humaniste et une exigence tant scientifique que littéraire, l’histoire de "Terre humaine", chez Plon, se confond avec le parcours de son fondateur et animateur, Jean Malaurie. 

 

Jeudi 10 août 2017, 16h, Auditorium

 

Filmer obstinément

de Boris Nicot (VO sous-titré en français, 52 min.)

Entretien ponctué d'extraits de film avec le réalisateur chilien Patricio Guzmán. Portrait d'un homme hanté par l'histoire de son pays.

 

Jeudi 17 août 2017, 16h, Auditorium

 

Exotica, Erotica, etc.

de Evangelia Kranioti (VO sous-titré en français, 71 min.)

 

Prostituées et marins. Qu’est-ce qui les relient au-delà de leur rencontre éphémère dans un port du bout du monde? Embarquée sur un cargo dont l’équipage est composé de Grecs et de Philippins, l’artiste Evangelia Kranioti partage leur vie quotidienne, l’isolement et la somptueuse monotonie du voyage sur des mers australes couvertes de glace, les escales nocturnes et l’ivresse dans les bars interlopes d’Amérique du Sud. Film interdit au moins de 16 ans.

 

Jeudi 24 août 2017, 16h, Auditorium

 

Mémoire cubaine

de Alice de Andrade(VO sous-titré en français, 68 min.)

 

En 1960, juste après la Révolution cubaine, est créé le service d’actualités cinématographiques. Une page épique de l’histoire du cinéma. Un regard engagé sur le monde.

 

Jeudi 31 août 2017, 16h, Auditorium

 

DOC LATINO : Programme juin-juillet 2017

Séances de cinéma documentaire proposées par l'Espace América de la Médiathèque de Biarritz.

Tous les jeudis, à 16h

à l'auditorium de la médiathèque

Entrée libre

 

Programme Juin-Juillet 2017

 

A propos de « Tristes Tropiques »

Jean-Pierre Beaurenaut, Jorge Bodanzki, Patrick Menget. (VF, 46 min.)

Sur des images d'archives et des prises de vues contemporaines, l'ethnologue Claude Lévi-Strauss évoque son travail au Brésil en 1934-1936.

Jeudi 1er juin 2017, 16h, Auditorium

 

L'empire de Noisiel

Ewa Kruk. (VF, 54 min.)

Dans un musée local, les habitants de la ville nouvelle de Marne-La-Vallée reconstituent l'histoire des usines Meunier, la plus grosse manufacture de chocolat au monde.

Jeudi 8 juin 2017, 16h, Auditorium

 

L'Homme aux cheveux bleus

Sylvie Pierre et Georges Ulmann (VF, 50 min.)

Un portrait du cinéaste brésilien Glauber Rocha (1938-1981) de la première rencontre avec le critique Louis Marcorelles à sa dernière venue aux Cahiers du cinéma, de l'éclosion du Cinéma Novo à l'isolement.

Jeudi 15 juin 2017, 16h, Auditorium

 

Lloro yo, la complainte du Bullerengue de Lizette Lemoine (VF, 26 min.)

&

Tambours sacrés de Lionel Brouet et Xavier Cantal (VO sous-titré en français, 26 min.)

Deux courts documentaires pour explorer l'héritage africain des musiques caraïbes : le « bullerengue », originaire des villages « marrons » de la côte colombienne, et la musique rituelle afro-cubaine.

Jeudi 22 juin 2017, 16h, Auditorium

 

Alejo Carpentier 1904-1980

Emilio Pacull (VO sous-titré en français, 49 min.)

Alejo Carpentier est une des plus grandes figures de la littérature latino-américaine. Portrait d'une œuvre et d'une vie nourries de sa culture classique européenne et de son besoin vital d'appartenir au continent américain, à son histoire, à son destin.

Jeudi 29 juin 2017, 16h, Auditorium

 

Le rideau de sucre

Camila Guzman (VO sous-titré en français, 80 min.)

Portrait intime d’une génération qui était sur les bancs de l’école dans les années 70, à l’apogée du régime cubain. Ce film rend compte de leur enfance, semblable à aucune autre et explore, à travers leur regard de jeunes adultes, ce qui est arrivé depuis à ce pays.

Jeudi 13 juillet 2017, 16h, Auditorium

 

Ça tourne à Villapaz

Maria Isabel Ospina (VO sous-titré en français, 52 min.)

Víctor González est devenu cinéaste avec son premier téléphone portable. Il s’en donne à cœur joie pour tourner des mélodrames ou des films d’horreur pittoresques dans lesquels il fait jouer les habitants de son village.

Jeudi 20 juillet 2017, 16h, Auditorium

 

Sur un air de révolte

Franck Salin (VO sous-titré en français, 52 min.)

« La Gwadloup sé tannou, la Gwadloup sé pa ta yo » proclamait le chant qui se répandit comme une traînée de poudre dans toute la Guadeloupe au moment de la grande grève générale de 2009. En racontant l'histoire de ce chant, le film explore les liens qui unissent depuis toujours les luttes sociales et le gwoka, musique noire de Guadeloupe.

Jeudi 27 juillet 2017, 16h, Auditorium

Exposition Julio Matilla

Le Festival de Biarritz

et

AFLACOBA (Association franco-latino-américaine de la Côte Basque)

en collaboration avec la Médiathèque de Biarritz

vous invite à découvrir

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Julio Matilla

Exposition et rencontres 

Du 28 juin au 13 juillet 2017

Médiathèque de Biarritz 



 Inauguration festive le 29 juin 2017, 17h

 

 

Programme des rencontres qui accompagnent cette exposition 

 

Dîner d'hommage à Julio Matilla

Organisé par l'association AFLACOBA.

Pour réserver, contacter Jaques Roif au 06 82 06 87 92 (avt le 12/06)

Mardi 20 juin 2017, RestoKlub “On a marché sur Pampelune” (Anglet)

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7 jours à La Havane

Un touriste américain découvre la ville en compagnie d'un chauffeur de taxi. Emir Kusturica, venu recevoir un prix, se lie avec son chauffeur, un excellent trompettiste. Cécilia doit choisir entre deux hommes...Sept histoires par sept réalisateurs : Laurent Cantet, Benicio del Toro, Julio Medem...

Mardi 27 juin 2017, 20h30 Cinéma Le Royal (Biarritz)

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Alejo Carpentier 1904-1980

Un film documentaire d'Emilio Pacull sur le grand écrivain cubain.

Jeudi 29 juin 2017, 16h, Auditorium de la médiathèque

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Julio Matilla, artiste de l’avant-garde cubaine

Conversation avec Julio Matilla animée par Jean-François Larralde, suivie d'une visite de l'exposition avec l'artiste.

Samedi 1er juillet 2017, 15h30, Auditorium de la médiathèque

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Julio Matilla, au carrefour des cultures cubaines

L’œuvre de Julio Matilla reflète le syncrétisme culturel propre à Cuba. Il a notamment participé à la création, dans les années 60, d'un ballet inspiré des rituels afro-cubains. Retour en images.

Mardi 4 juillet 2017, 15h30, Auditorium de la médiathèque

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L'Oeil écoute

Lectures de textes cubains autour de la peinture de Julio Matilla.

Mercredi 5 et vendredi 7 juillet, 15h30, Auditorium de la médiathèque

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Nada +

Un film de Juan Carlos Cremata Malberti

Carla, une jeune Cubaine employée dans un bureau de poste, s'ennuie. Pourtant, un petit incident la conduit à réécrire les lettres de ses concitoyens qui passent quotidiennement entre ses mains : un moyen comme un autre d'aider ses semblables et de trouver le bonheur.

Mardi 11 juillet, 15h30, Auditorium de la médiathèque

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Julio Matilla, un artiste caribéen

L’œuvre de Julio Matilla reflète le syncrétisme culturel propre à Cuba. Une rencontre en images pour aborder la culture des Caraïbes.

Mercredi 12 juillet, 15h30, Auditorium de la Médiathèque

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Le rideau de sucre

Un film de Camila Guzman qui dresse le portrait intime d’une génération qui était sur les bancs de l’école dans les années 70, à l’apogée du régime cubain. Ce documentaire rend compte de leur enfance semblable à aucune autre et explore, à travers leur regard de jeunes adultes, ce qui est arrivé depuis à ce pays.

Jeudi 13 juillet, 16h, Auditorium de la médiathèque

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Parcours documentaire

Le bulletin documentaire de L'Espace América, Chronique de l'Ame, vous invite à un voyage à travers la musique cubaine.

De juin à août 2017, Espace América, Médiathèque de Biarritz

 

Criminales : “El hombre sin cabeza” de Sergio González Rodríguez

(Anagrama, 2009)

 

Acaba de morir el escritor y periodista Sergio González Rodríguez (Ciudad de México, 1950) y pierde México uno de sus más valientes intelectuales.

Sergio González Rodríguez que investigó sobre los fenómenos contemporáneos de la violencia escribió una trilogía que constituye una clave imprescindible para entender nuestro mundo. El primer libro de esa trilogía, Huesos en el desierto, investiga sobre las causas políticas, económicas y culturales del feminicidio de Ciudad Juarez. Un estudio que llamó la atención de Roberto Bolaño y del cual se inspiró el escritor chileno para su novela 2666. El último libro de esa trilogía, Campo de guerra, analiza la geopolítica actual, encabezada por Estados Unidos, que, con el pretexto de combatir el terrorismo, los cárteles de la droga, la inestabilidad social...promueve un control y una vigilancia absolutos.

El hombre sin cabeza es el segundo libro de esa trilogía y propone una análisis escalofriante del fenómeno de las decapitaciones rituales por parte de los grupos criminales del narcotráfico. Enlazado por evocaciones de su infancia, por meditaciones históricas, por datos periodísticos...el pensamiento del ensayista se despliega en varias crónicas que intentan abarcar todos los aspectos de esa violencia. Nos lleva así a conocer la rivalidad de los cárteles de Michoacan, la iconografía de la decapitación en la cultura mexicana, el tipo psicológico de un cortador de cabezas, los ritos ligados al culto de la Santa Muerte...Nos enteramos de que “el brote contemporáneo de las decapitaciones se inicia en dos mil tres cuando circulan en internet y mediante los teléfonos móviles imágenes de trato inhumano y torturas de prisioneros iraquíes por parte de soldados de Estados Unidos.[...] Los fundamentalistas islámistas decidieron emplear también las telecomunicaciones para difundir las muertes por decapitación de sus enemigos. El impacto planetario de aquello condujo a los narcotraficantes mexicanos a imitar tal barbarie.

El ensayista se interroga sobre la difusión de las imágenes traumáticas a la hora de la comunicaciones de masa. Podemos leer, por ejemplo, que “la iconografía de la modernidad resulta una depredación visual y virtual que complementa la depredación física objetual de las personas”. Lo que se plantea es también el lugar del que mira “Como ha escrito Georges Didi-Huberman en su polémica contra las posturas de ocultamiento de las imágenes de exterminio de Auschwitz, debemos aprender a dominar el dispositivo de las imágenes para saber qué hacer con nuestro saber y nuestra memoria.

El ensayo subraya, por otra parte, las relaciones entre narcotráfico y corrupción política mostrando, por ejemplo, como los propios delincuentes influyen sobre lo que es legal y lo que no lo es para organizar sus negocios.

Citando a Hobbes, Eugenio Trías, Mario Praz, Mario Perniola, James Hillman...subrayando obras y fenómenos sociales, el ensayista ahonda en el simbolismo de la decapitación y propone pistas para entender el lugar que ocupa la muerte, el terror, lo siniestro en el arte y en la historia.

 

El blog de Sergio González Rodríguez

Cárteles de Michoacan

Un artículo de Hal Foster

Sobre el miedo en el pensamiento de Hobbes

La carne, la muerte y el diablo en la literatura romántica” de Mario Praz

Lo bello y lo siniestro” de Eugenio Trías

Note Latine :"Un nom de torero"  de Luis Sepúlveda

Titre original : Nombre de torero

Traduction de François Maspero

(Métailié, 1994)

 

Luis Sepúlveda, dont le roman Le vieux qui lisait des romans d'amour est un classique de la littérature mondiale, offre, avec ce livre, un roman noir et d'aventure ainsi qu'une méditation sur le sens des destins dans l'Histoire.

 

À la chute du mur de Berlin, deux anciens combattants révolutionnaires sont recrutés pour récupérer un trésor volé par les nazis : l'un est un ancien guérillero chilien, l'autre un ex-agent de la Stasi. Lequel des deux arrivera le premier?

 

"Le cavalier attendit que l'Étoile de la Pampa se soit éloignée. Il regarda le bus diminuer peu à peu, jusqu'à ce qu'il en soit plus qu'un point tremblant dans le paysage uniforme de la plaine. Alors il talonna le cheval et s'approcha du poste.

La lettre disait : “Désolé, Hans. Ceux de toujours viennent te voir. On se reverra en enfer. Ton ami. Ulrich.”

-Et voilà. Fallait bien que ça arrive un jour. Depuis plus de quarante ans que j'attends....Ils peuvent venir quand ils veulent, murmura-t-il en relisant la lettre que le vent agitait dans ses mains."

Note Latine : "L'homme de Quito" de Jorge Icaza

Titre original : El chulla Romero y Flores

Traduction de Claude Couffon

(Albin Michel, 1993)

 

l’Équatorien Jorge Icaza (1906-1978) est un des grands représentants de l'indigénisme, un mouvement artistique et politique qui s'attacha à montrer et à défendre des Indiens. Nouvelliste, romancier, c'est aussi un passionné de théâtre qui a écrit et jouer des pièces. Et, dans ce roman, les dialogues, la construction des personnages, l'utilisation de l'espace révèlent cette expérience du théâtre.

 

Publié en 1958, L'homme de Quito est un roman important parce qu'il met en scène la question de la hiérarchie raciale dans la société hispano-américaine. Tournant le dos à ses racines indiennes et pauvres, le métis Romero y Florès est bien décidé à devenir quelqu'un mais c'est une dégringolade sociale radicale qui attend le jeune ambitieux et il prendra cruellement conscience de sa condition.

 

"La confiance que retrouva Luis Alfonso en se mêlant à la "meilleure société" de la ville-fumée de tabac étranger, éclairage directs ou tamisés, interminables révérences, galerie de gentilshommes vernissés par quelque escroquerie secrète, dames dans des fourreaux de soie et de bijoux, rondes soutanes aux lisérés violets, traîneurs de sabre de gravures de mode-s'évapora lorsque doña Francisca, aimable et empressé auprès de ses hôtes, après lui avoir dit qu'il pouvait se considérer comme son invité, l'abandonna à son sort dans un coin. Immédiatement, comme si tous, par un jeu étrange, s'étaient mis d'accord, on tourna sans manière le dos à l'intrus."

Note Latine :"Le voyageur byzantin" de Miguel Littín

Titre original :  El viajero de las cuatro estaciones

Traduction de Bertille Hausberg

(Métailié, 2003)

 

Parti en 1914 pour ne pas être enrôlé dans l'armée turque, Kristos le Grec parviendra, après bien des péripéties, au Chili. Son histoire se confondra désormais avec celle de la ville. On retrouve dans ce roman le charme qui opère dans Cent ans de solitude de García Márquez où le récit mêle histoire familiale et histoire du village de Macondo. Mais c'est surtout le récit d'un exil irrémédiable qui se décline en quatre stations : le monastère où la mère de Kristos laissa son fils, le voyage vers l'Amérique, la vie à Palmilla et les derniers instants.

 

Miguel Littín, de son nom complet Miguel Ernesto Littín Cucumides, né à Palmilla en 1942, issu des migrations arabes et grecques, évoque dans ce beau roman la figure mystérieuse et merveilleuse de son grand-père grec, Kristos Kukumidès.

 

Dans la rue Miguel Ernesto, comme les autres enfants de parents arabes, était appelé un “turc”. Ils vivaient donc dans la contradiction, ne sachant que faire ni qui ils étaient réellement car dans leur famille où on parlait arabe ils étaient les “Chiliens” et dans la rue des “Turcs”. A l'internat leurs camarades de classe les harcelaient pendant la récréation, leur criant :

-Turcs, Turcs, Turcs sans patrie! et ils les encerclaient, les bousculant, leur donnant des coups de pied, crachant par terre, leur tirant les cheveux, les oreilles ou les frappant carrément. Avec le temps, cette situation l'avait obligé à rendre coup pour coup, se couvrant de cicatrices et de petites blessures qui ne s'effaceraient jamais.

Note Latine : "Des châteaux en enfer" de Vilma Fuentes

Titre original : Castillos en el Infierno

Traduction de Jean-Marie Saint-Lu

(Actes Sud, 2008)

 

Vilma Fuentes, écrivain et journaliste mexicaine, nous offre avec ce roman une variation sur le thème du bandit justicier. Rey Lopitos, criminel dès l'adolescence, cruel et orgueilleux est aussi le héraut des opprimés. Son assassin, hanté par son crime, relate la chronique de cette vie violente et brève qui est aussi la chronique de la fondation d'un empire touristique sur fonds de corruption, Acapulco.

 

"La fraîcheur qu'il avait ressentie en pénétrant sous un toit de palme se transforma rapidement en une chaleur humide. Il essuya de nouveau sa sueur et vit que sa main était trempée de sang : il comprit qu'il avait commencé à suer la poussière de cette terre rouge qui le pénétrait jusque dans les veines.

Il resta un moment immobile, debout près de la porte de lianes, sans voir passer le temps. Un homme, torse nu, dormait dans un hamac. Deux petits enfants jouaient à quatre pattes sur le corps d'une femme enceinte. Près de la natte où elle sommeillait, avec des sanglots et des soupirs, une fille à demi nue tressait une couronne de fleurs. Le jeune garçon chercha les yeux de la fille qui jouaient à cache-cache avec les siens, et qui regardaient son cou maigre, son large front, son menton proéminent, ses cheveux raides, sa chemise trempée de sueur, ses vieilles chaussures, une de ses mains et de nouveau son front, une de ses oreilles, son nez aquilin...Lopitos ne sentit ni jugement ni curiosité dans le regard de la fille. Il ne put non plus y découvrir de peur, de pudeur ou de surprise. Aucun sentiment hostile. Comme si elle était habituée à le voir, debout, près de la porte de lianes, abandonné à ce jeu de cache-cache où personne ne devait se trouver ni gagner."

Note Latine : "Borges et les orangs-outangs éternels" de Luis Fernando Verissimo

Titre original : Borges e os orangotangos eternos

Traduit par Geneviève Leibrich

(Seuil, 2004)



Né en 1936, Luis Fernando Verissimo compte plusieurs cordes à son arc ; journaliste, traducteur, dessinateur, dramaturge, scénariste, musicien, il est aussi un des plus populaires écrivains brésiliens contemporains.



Ce roman amusant et lettré nous plonge dans un enquête criminelle dont le grand Borges est un des protagonistes et qui est le prétexte à évoquer sa littérature, son goût pour les romans policiers et les jeux de déductions. Un livre pour ceux qui aiment le grand écrivain argentin, Poe, Lovecraft...et les parodies !

 

"J'avais un peu plus de vingt ans et je faisais quelques traductions, notamment pour le Mistério Magazine, publié à Porto Alegre par la vielle maison d'édition Globo. La revue reproduisait les textes parus en anglais dans le Ellery Queen's Mystery Magazine, et un jour j'ai traduit une nouvelle d'un certain Jorge Luis Borges dont je n'avais jamais entendu parler, moi l'anglophile et l'américanophile déjà ébloui à l'époque par Poe. J'ai trouvé la nouvelle mauvaise, confuse et dépourvue d'émotion. On ne voyait pas clairement à la fin qui était le coupable, il incombait au lecteur de conclure à sa guise. J'ai décidé d'améliorer le texte. Je lui ai appliqué quelques touches sinistres à la façon de Poe et je l'ai gratifié d'un dénouement entièrement nouveau, surprenant, qui démentait tout ce qui venait précédemment, y compris le récit de l'auteur." 

Note Latine : "Un doux parfum de mort" de Guillermo Arriaga

Titre original : Un dulce olor de muerte

Traduction de François Gaudry

(Phébus, 2003)

 

Dans une bourgade du Mexique, une jeune fille est retrouvée assassinée...on pourrait penser débuter un classique roman policier mais, dans ce récit, il s'agit moins de résoudre une affaire criminelle que de voir comment s'élabore un assassinat.

Guillermo Arriaga, né en 1958, est une des grandes figures actuelles de la littérature et du cinéma mexicains. Il a notamment travaillé comme scénariste pour le réalisateur Alejandro González Iñárritu : Amours chiennes, 21 grammes et Babel.

 

"La nouvelle que le Gitan n'était pas loin de Loma Grande excita la plupart des gens, éveillant chez eux l'envie de le tuer. Sotelo Villa proposa qu'ils aillent tous à Los Aztecas pour le lyncher, mais Justin Téllez le calma :

-Ce n'est pas notre affaire, c'est celle de Ramón.

Quand celui-ci revint de l'abattage du taureau, les hommes l'attendaient avec impatience. Ils brûlaient de découvrir son attitude lorsqu'on lui révélerait que le Gitan se trouvait à quelques kilomètres à peine de Loma Grande. Ils firent pression sur lui de diverses manières. Certains l'obligèrent à réitérer son engagement de vengeance. D'autres-les plus agressifs, parmi lesquels Marcelino Huitrón et Sotelo villa-l'incitèrent à foncer le soir même à Los Aztecas pour lui régler son compte. Égaré, accablé, Ramón hésitait, les lèvres scellées. Jacinto Cruz l'aida à se tirer de ce mauvais pas :

-Le bon chasseur, dit-il d'un ton mesuré, laisse venir à lui le fauve ; il ne part pas à sa recherche."

Note Latine : "Paraíso Travel" de Jorge Franco

Titre original : Paraíso Travel

Traduction de René Solis

(Métailié, 2004)

 

Cet écrivain colombien, né en 1962, s'est fait connaître avec son roman Rosario Tijeras, paru en 1999 et adapté au cinéma. Une série télévisée a même été tirée du roman. Paraíso Travel, publié en 2001, a aussi fait l'objet d'une adaptation cinématographique en Colombie.

Le héros de ce roman, le jeune Marlon, se lance, par amour, dans l'aventure de l'émigration aux États-Unis. Un récit, raconté à la première personne, des dangers du passage de la frontière, du trafic de migrants, de la perte d'identité dont souffre l'exilé... et d'une trahison.

 

"-New York ? Lui avais-je demandé.

-Oui, New York. 

-Mais pourquoi si loin ? 

-Parce que c'est là-bas que cela se passe, m'avait dit Reina. 

C'était elle qui avait eu l'idée. En général, c'était elle qui avait toutes les idées. J'en avais moi aussi parfois, mais seules les siennes étaient mises en application. Et celle-là, elle comptait la mener à bien. Quand elle m'en a parlé, c'était déjà décidé. Elle ne m'a pas demandé si j'étais d'accord.  

-On part tous les deux, a-t-elle dit.  

Elle a aussi parlé des opportunités qui s'offraient à nous, des dollars, de l'argent à gagner, de la vie meilleure, de la possibilité de quitter ce sinistre merdier." 

Criminales : « Un dulce amor a muerte » de Guillermo Arriaga

(Belacqua, 2007)

 

En un pueblo de México, se descubre el cuerpo de una joven asesinada...uno podría pensar que empieza una clásica novela negra pero, en ese relato, no se trata tanto de resolver un caso criminal que de mostrar como se va elaborando un crimen.

Guillermo Arriaga, nacido en 1958, es una de las grandes figuras actuales de la literatura y del cine mexicanos. Particularmente, fue guionista de tres películas de Alejandro González Iñárritu : Amores perros, 21 Gramos y Babel.

 

Una entrevista de Guillermo Arriaga

Su trabajo como guionista

Su último libro

Sobre la violencia en México

Criminales : « Nombre de torero » de Luis Sepúlveda

(Tusquets, 2001)

 

Luis Sepúlveda, cuya novela Un viejo que leía historias de amor es un clásico de la literatura mundial, ofrece con ese libro una novela negra y de aventura así como una meditación sobre el sentido de los destinos en la Historia.

A la caída del mundo de Berlín, dos antiguos combatientes revolucionarios son reclutados para recuperar un tesoro robado por los nazis: uno es una antiguo guerrillero chileno, el otro un ex agente de la Stasi.¿Cuál de los dos llegará primero?

 

Una entrevista a Luis Sepúlveda

El arte robado por el régimen nazi

Un rescatador de obras robadas