Horaires

mardi - mercredi - vendredi - samedi

de 10h à 18h (en continu)

Le jeudi

  • de 14h à 18h du 1er octobre au 31 mars
  • de 14h à 20h du 1er avril au 30 septembre

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Espace América

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Un centre documentaire sur les Arts et les Cultures de l’Amérique Latine.

 

Littérature contemporaine (en espagnol et en français)

Films de fiction ou documentaires 

Musique 

Livres d’art contemporain (en espagnol)

Cartes, revues ...

 

Trois publications permettent de découvrir ce fonds exceptionnel :

 

Note Latine, publiée sur le site de la médiathèque et archivée sur le blog l'Ouvre-Muraille, propose des notes de lecture sur la littérature latino-américaine traduite en français.

 

Criminales, publiée sur le site de la médiathèque et archivée sur le blog Apuntes delictivos, propose des notes de lecture sur la collection "crimen y literatura" du fonds América.

 

Chronique de l'Ame, bulletin documentaire trimestriel qui propose des parcours de découverte du fonds América, à consulter sur place...et à emporter si on le souhaite.

 

Tout au long de l'année des animations, en entrée libre, sont organisées pour connaître la richesse culturelle de l'Amérique Latine : club de lectores, projections, cycle cinéma  Doc Latino en été, exposition, rencontres...

L'Espace América est à la disposition des enseignants pour toute activité pédagogique.

Emprunts avec la carte d’adhérent à la médiathèque. Prêt inter-bibliothèques.

 

Programme Animation América Nov-Déc 2017

Parcours documentaire : Écriture du crime dans la littérature colombienne

De septembre à novembre 2017, Espace América

L'Espace América publie un bulletin documentaire trimestriel qui invite à une exploration thématique des collections : Chronique de l'AME. Comme c'est l'année de la Colombie, le bulletin montre comment la littérature colombienne se fait le relais de la violence qui marque son histoire.

Une série qui propose une entrée possible dans la collection « Crimen y literatura » de l'Espace América.

 

Projection : « Cuba, l’espoir est un métier » de Sonia Paramo (52 min., version doublée)

Samedi 4 novembre 2017, 16h, Auditorium

Cuba change, Jorge Perugorria, l’acteur emblématique du film Fresa y Chocolate , enquête dans sa ville, cette Havane splendide et misérable et nous invite à découvrir les difficultés et les espoirs des Cubains, ces acteurs incontournables des changements en cours…

Projection en présence de la réalisatrice et directrice de la société Les films Figures libres et des auteures : Libia Matos et Rubi Scrive- Loyer.

 

Exposition : Ivan Torres

Du 7 novembre au 28 décembre 2017, Hall d'exposition

Ivan Torres est un artiste mexicain installé en France depuis 2004. Il compte déjà plusieurs expositions dans l'hexagone et il a exposé aussi à Guadalajara, à Francfort et à Barcelone. Peintre autodidacte, il conçoit sa peinture comme une passerelle entre ses origines et son expérience française. Pour lui, la peinture est une philosophie de vie, un chemin chromatique qui permet le partage.

 

Cine du Jeudi : « Los Herederos - Les Enfants héritiers » de Eugenio Polgovsky (V.O.S.T., 1h30)

Jeudi 9 novembre 2017, 15h30, Auditorium

Sans commentaire, lyrique et beau, ce film, tourné dans différentes régions du Mexique, montre le travail des enfants aujourd'hui dans le monde rural mexicain. Un film primé dans plus de vingt festivals. Le réalisateur mexicain dont la filmographie montre l'humanisme est décédé cet été prématurément.

 

Club de lectores : Amores mexicanos

Mardi 14 novembre 2017, 10h30, Espace América

Une fois par mois, un club de lecture en espagnol pour découvrir la littérature latino-américaine. Un thème et la bibliographie qui l'accompagne sont à votre disposition à l'Espace América.

 

Festival Belles Latinas : Rencontre avec l'écrivain Myriam Montoya

Samedi 18 novembre 2017, 16h, Auditorium

Poète, romancière et traductrice, Myriam Montoya est née en 1963 à Bello, en Colombie. Elle est installée en France depuis 1994. Une anthologie de son œuvre poétique a été publié en France, en 2004 : Vengo de la noche / Je viens de la nuit . Son premier roman, La fuite, a été publié en 2011, aux éditions La Dragonne. Un roman qui fait la part belle aux personnages féminins.

Cette rencontre s'inscrit dans le programme du 16e Festival des Belles Latinas, festival littéraire organisé, au mois de novembre, par les Nouveaux Espaces Latinos.



Parcours documentaire : Présence amérindienne

De décembre 2017 à février 2018, Espace América

L'Espace América publie un bulletin documentaire trimestriel qui invite à une exploration thématique des collections : Chronique de l'AME. Pour cette nouvelle série, nous nous intéresserons au monde indigène aujourd'hui.

 

Club de lectores : Mario Bellatin

Mardi 12 décembre 2017, 10h30, Espace América

Une fois par mois, un club de lecture en espagnol pour découvrir la littérature latino-américaine. Un thème et la bibliographie qui l'accompagne sont à votre disposition à l'Espace América.

 

Criminales : "El enigma de París" de Pablo de Santis

(Editorial Planeta, 2007)

 

Con esa novela el argentino Pablo de Santis rinde un homenaje travieso a toda la novelística de investigación que inició el género : Edgar Poe, Conan Doyle, Gaston Leroux, Maurice Leblanc...Ubica su relato en la época misma en la cual emerge esa literatura, a finales del siglo XIX, cuando se afirma la fe en el progreso. Un período en el cual la admiración por la ciencia, la convicción positivista se acompañan de una fascinación por el misterio. Invitados para presentar su oficio y sus teorías en la ocasión de la Exposición Universal, los doce mejores detectivos del mundo se reunen en París. Uno de ellos aparecerá muerto después de una misteriosa caída desde la torre Eiffel entonces en construcción...

Una novela que tiene el encanto de las narrativas incrustadas de Scheherazade y que nos deja, gustosos, con la duda de haberlo aclarado todo.

Historia de la novela policíaca

Un recorrido por la exposición universal de 1889

Programme Animations América Sept-Oct 2017

Programme des animations América

Septembre-octobre 2017

 

Parcours documentaire : Écriture du crime dans la littérature colombienne

De septembre à novembre 2017, Espace América

L'Espace América publie un bulletin documentaire trimestriel qui invite à une exploration thématique des collections : Chronique de l'AME. Comme c'est l'année de la Colombie, le bulletin se penche cette fois sur la collection Crime et littérature du fonds et montre comment la Colombie écrit la violence qui marque son histoire. Les documents sont disponibles à l'Espace América..

 

Concert : En Cantos

Vendredi 1er septembre 2017, 16h, Auditorium

Concert du musicien et musicologue argentin Pablo Mezzelani qui propose un florilège de la poésie en langue espagnole : Jorge Luis Borgès, César Vallejo, Nicolás Guillén, Pablo Neruda, Nicomedes Santa Cruz...

 

Rencontre littéraire : Zoé Valdés

Samedi 16 septembre 2017, 16h, Auditorium

Traduite en vingt-cinq langues, auteure de vingt-trois romans, récompensée par treize prix internationaux, Zoe Valdés est une figure incontournable de la littérature cubaine d'aujourd'hui. Installée à Paris depuis 1995, elle écrit en espagnol. Dans ses livres, elle parle de l'exil, de Cuba, de la liberté...Dans son dernier roman,  La nuit à rebours, elle raconte le dilemme d'une jeune femme qui doit choisir entre être mère et être libre. Rencontre animée par l'écrivain Carlos Dorim.

 

Club de lectores : Una vuelta por la literatura colombiana del siglo XXI

Mardi 19 septembre 2017, 10h30, Espace América

Une fois par mois, un club de lecture en espagnol pour découvrir la littérature latino-américaine. Un thème et la bibliographie qui l'accompagne sont à votre disposition à l'Espace América.

 

Ciné du Jeudi : « El grill de Cesar » de Dario Aguirre (VOST, 1h 28min.)

Jeudi 28 septembre, 15h30, Auditorium

Répondant à l'appel à l'aide de son père, Dario Aguirre quitte l'Allemagne où il habite depuis dix ans et revient en Équateur avec le projet de sauver le restaurant familial. Un récit autobiographique où ne manquent ni les épisodes comiques ni les moments tragiques et où le réalisateur met en scène les rapports qu'il entretient avec son père.

 

Rencontre littéraire : Carlos Dorim

Jeudi 28 septembre 2017, 18h, Auditorium

Écrivain de langue français d'origine cubaine, Carlos Dorim a pratiqué nombre de métiers avant de se consacrer entièrement à l'écriture. Poète et romancier, il a obtenu le Prix de Poésie Fondation de France-Simone de Carfort en 2010. Son dernier roman, paru en 2016,Si c'était une île, raconte l'histoire de trois cubains qui, après un départ violent et clandestin dans les années soixante, arrivent, par hasard dans une île de la Méditerranée. Une histoire de rencontre et de paysage.

 

Ciné du Jeudi : « El Bonaerense » de Pablo Trapero (VOST, 1h 37min.)

Jeudi 5 octobre, 15h30, Auditorium

Un jeune serrurier embarqué contre sa volonté dans un cambriolage échappe à la prison grâce à l'intervention de son oncle. En contrepartie, ce dernier lui trouve un poste dans la « Bonaerense », la police de Buenos Aires. Entre fiction et documentaire, un portrait de la corruption.

 

Club de lectores : Nazis en la literatura latinoamericana

Mardi 17 octobre 2017, 10h30, Espace América

Une fois par mois, un club de lecture en espagnol pour découvrir la littérature latino-américaine. Un thème et la bibliographie qui l'accompagne sont à votre disposition à l'Espace América.

 

Ciné du Jeudi : « La nueva Medellín» de Catalina Villar ( VOST, 1h25 min.)

Mardi 26 octobre 2017, 15h30, Auditorium

En 1997, Catalina Villar filmait les adolescents d’un quartier populaire de Medellín, alors « ville la plus dangereuse du monde ». Le poète du groupe, Juan Carlos, y était tué trois ans plus tard. Comme l’annonce le titre de ce film-ci, tourné en 2016, la ville a changé. Mieux : elle se pose en modèle d’innovation urbanistique. Mais, sous la nouvelle Medellin, l'ancienne affleure.

 

 

Note Latine : "La maladie" de Alberto Barrera Tyszka

Titre original : La enfermedad

Traduction de Vincent Raynaud

(Editions Gallimard, 2010)

 

Né en 1960 à Caracas, Alberto Barrera Tyszka a écrit des romans, des nouvelles et des poèmes et des scenarii de séries télévisées. En 2005, il a publié, en collaboration avec la journaliste Cristina Marcano, la première biographie d'Hugo Chávez :Hugo Chávez sin uniforme. Una historia personal. En 2015, il obtient le prix Tusquets pour son roman Patria o muerte qui dresse un portrait de la situation politique du Venezuela durant la dernière étape du gouvernement de l'ex-président.

Le roman La maladie, pour lequel il a obtenu en 2006 le prix Herralde, est un récit sensible sur le thème de la maladie, la fin de vie, la difficulté d'être médecin, la relation entre malade et thérapeute...un livre qui met des mots justes sur une expérience commune. 

Note Latine : "Colons" de Leonardo Sanhueza

Titre original : Colonos

Traduction de Nadine Dejong

(L'atelier du tilde, 2013)

 

De nombreuses fois primé dans son pays, Leonardo Sanhueza, né en 1974, est un des acteurs notables du renouveau de la poésie chilienne.

Colons est un recueil poétique qui évoque la vie pénible et violente de ceux qui s'installèrent, à la fin du XIXe siècle, dans la région de l'Araucanie. Un récit en prose, Les poissons volants, récit du voyage que fit l'ingénieur belge Gustave Verniory pour tenter sa chance au Chili, permet de contextualiser les textes poétiques qui suivent. Cette première partie donne à ce recueil sa dimension mémorielle puisque Gustave Verniory est un personnage historique. On s'interroge en lisant ces poèmes : les personnages ont-ils existé ? Ces histoires et ces portraits sont-ils inspirés de récits transmis ? Poème après poème, Leonardo Sanhueza reconstitue toute une époque et, par petites touches, restitue les personnalités de ces aventuriers fondateurs.

Note Latine : "La multitude errante" de Laura Restrepo

Titre original : La multitud errante

Traduction de Françoise Prébois

(Calmann-Lévy, 2006)

 

Laura Restrepo, en 1983, fut nommée membre de la commission de négociation de paix entre le gouvernement colombien et le mouvement armée M-19. Elle rendit compte de cette expérience dans un livre qui lui valut d'être menacée de mort et elle fut contrainte de s'exiler. Elle vécut durant cinq ans entre Mexico et Madrid tout en maintenant des contacts avec l'aile politique de la guérilla pour que reprennent les négociations. En 1989, le M-19 abandonna les armes et devint un parti politique légal.

Comme journaliste, Laura Restrepo a été amenée à visiter des camps de réfugiés. Dans un entretien, elle raconte comment, dans un de ces camps, elle a rencontré un orphelin qui avait un pied nanti de six doigts au lieu de cinq. Dans le camp, tout le monde l'appelait Vingt-et-un. Un prêtre du camp fit un sermon pour rappeler qu'il ne fallait pas se moquer des défauts physique des gens alors on se mit à appeler l'enfant Sept-fois-Trois. Les familles se relayaient pour accueillir l'enfant, non seulement pour le protéger mais aussi par qu'il était considéré comme un porte-bonheur.

Dans ce roman, La multitude errante, Laura Restrepo transpose des éléments de cette rencontre et construit un personnage qui évoque l'univers des contes : Sept-fois-Trois est le héros d'une quête et ses capacités tiennent du prodige...mais ce roman est surtout une histoire de migration et d'amour : Sept-fois-Trois est un homme mystérieux qui arrive dans un refuge tenu par des sœurs qui abritent ceux qui ont fui la guerre ; il recherche, depuis des années, une femme qui a disparu.

Le contexte de ce récit est la période de guerre civile entre libéraux et conservateurs que l'on a dénommé « La Violencia ». Ce conflit qui débuta en 1948 avec l'assassinat du candidat libéral à la présidence, Jorge Eliecer Gaitán, dura plus de dix ans, fit entre 200 000 et 300 000 morts et provoqua la migration forcée de plus de deux millions personnes, soit le cinquième de la population colombienne.

Note Latine : "Le jardin dévasté" de Jorge Volpi

Titre original : El jardín devastado

Traduction de Gabriel Iaculli

(Éditions du Seuil, 2009)

 

Figure importante de la littérature mexicaine contemporaine, Jorge Volpi participa au mouvement nommé la Génération du Crack dont le manifeste fut rendu public en 1996 accompagné de cinq romans : Memoria de los días de Pedro Ángel Palou, Las rémoras de Eloy Urroz (La Raie manta, Actes Sud, 2005), La conspiración idiota de Ricardo Chávez Castañeda, Si volviesen sus majestades de Ignacio Padilla y El temperamento melancólico de Jorge Volpi. Un mouvement qui souhaite revitaliser le roman en se centrant sur la technique littéraire.

Le jardin dévasté, publié en 2008, semble toujours fidèle à ce projet. Il propose un récit éclaté en chapitres courts qui se déclinent en brève narration intimiste, en extrait de conte ou en quelques phrases, parfois une seule, qui invitent à la réflexion poétique. Il propose surtout un balancement entre la vie du narrateur, double de l'auteur, et les péripéties atroces et merveilleuses de Leïla, la jeune Irakienne à qui la guerre a tout pris. Un roman comme une méditation très personnelle sur la place de l'amour et de la mort dans le monde contemporain.

 

Note Latine : "Chiens féraux" de Felipe Becerra Calderón

Titre original : Bagual

Traduction : Sandy Martin et Brigitte Jensen

(Éditions Anne Carrière, 2011)

 

« J'ai commencé à écrire ce roman à dix-neuf ans et je l'ai terminé à vingt » explique l'auteur dans son avant-propos...C'est son premier roman. Il a gagné en 2006 le prix Roberto Bolaño, un prix prestigieux au Chili qui récompense la jeune création littéraire, mais ce n'est qu'en 2008, au Pérou, qu'il a été édité.

C'est un roman d'une beauté étrange qui évoque Les Chants de Maldoror dans l'exploration poétique de la terreur. En arrière-plan de ce récit qui circonscrit le cauchemar et la folie, le Chili des années 1980 et le désert d'Atacama.

Note Latine: Nazis dans la littérature latino-américaine

On trouve dans la littérature latino-américaine nombre de récits fictifs qui abordent le thème du nazisme inspirés de la réalité historique. Je voudrais mettre à la portée du lecteur une petite bibliographie en signalant, quand cela est possible, les traductions disponibles en français.

Les manières dont les auteurs du continent abordent ce thème peuvent être très variées : le Mexicain Jorge Volpi, dans son roman En busca de Klingsor (À la recherche de Klingsor, Pocket, 2003) se penche sur comment la science peut être mise au service du Mal. L'Argentin Pablo de Santis avec La sexta lampara s'intéresse au destin d'un architecte italien dont les théories vont rejoindre les idéologies totalitaires qui alors émergent dans la vieille Europe. Dans son roman Nombre de torero (Un nom de torero, Seuil, 1998)le Chilien Luis Sepúlveda nous propose un enquête qui trouve son origine dans la disparition d'un trésor de guerre. Retornamos como sombras (Nous revenons comme des ombres, Payot et Rivages, 2004) de Paco Ignacio Taibo II est un récit déjanté sur le Mexique des années 1940, quand le pays est sur le point de déclarer la guerre à l'Allemagne.

L'écrivain mexicain Pedro Ángel Palou a publié deux livres qui abordent le thème : Malheridos et El dinero del diablo (paru en français chez Lattes, en 2011, sous le titre L'argent du diable)Ce dernier s'intéresse aux intrigues de palais, en 1929, tandis que croît le pouvoir du Saint Siège à l'ombre de Mussolini et Hitler. L'enquête historique prévaut aussi dans l'ambitieux roman de l'Argentin Leopoldo Brizuela, Lisboa un melodrama, qui reconstitue les tensions de l'Europe en crise. On peut mentionner aussi le roman Los informantes (Les dénonciateurs, Seuil, 2015) du Colombien Juan Gabriel Vazquez qui enquête sur comment les États-Unis obligèrent son pays, durant la Seconde Guerre Mondiale, à confiner les citoyens allemands établis sur le territoire.

 

L'Amérique Latine fut un notable refuge pour les criminels du Troisième Reich au moment de la défaite et cette réalité historique est abordée dans le roman d'Edgardo Cozarinsky Lejos de donde (Loin d'où, Grasset, 2011) ou dans celui de Sergio GómezPatagonia, inspirée des recherches de María Soledad de la Cerda et qui revient sur la figure de Walter Rauffarrivé en Amérique du Sud en 1958 et dont la véritable identité fut découverte quatre ans plus tard : l'ex-officier nazi, inventeur des camions à gaz où furent assassinées des milliers de personnes, vécut au Chili jusqu'à sa mort en 1984.

 

Le nazisme posa de manière radicale le problème du Mal. Dans cette approche, il faut mentionner le roman de Jorge Volpi, Oscuro bosque oscuro qui fait du lecteur le complice d'un jeu macabre et le soldat d'un système sanguinaire. Mais l'auteur qui a le mieux exploité ce thème du Mal est le Chilien Roberto BolañoNombre de ses livres abordent le problème philosophique posé par le nazisme : La literatura nazi en América (La littérature nazie en Amérique, Christian Bourgeois éditeur, 2006) étant sans doute le plus emblématique ; Un livre qui soumet au lecteur une anthologie apocryphe de la littérature pro-nazie latino-américaine de 1930 à 2010. Ce thème du nazisme apparaît dans d'autres de ces romans : 2666 ( Christian Bourgeois éditeur, 2008) ou El tercer Reic(Le Troisième Reich, Christian Bourgeois éditeur, 2010)

 

Dans cette liste, il est important de signaler la nouvelle de Jorge Luis Borges: Deutsches Requiem. Cette nouvelle a été publiée à l'origine, en 1946, dans la revue argentine Sur, une revue emblématique de la vie intellectuelle argentine fondée par Victoria Ocampo en 1931 et qui parut jusqu'en 1992. En 1949, Borges inclut Deutsches Requiem dans son recueil El Aleph mais la nouvelle n'apparaît pas dans les éditions ultérieures du recueil, en 196et 1967. Pourquoi ?

Dans cette nouvelle, un nazi s'exprime pour expliquer la logique de ses actes et les valeurs qui les animent. Il se nomme Otto Dietrich zur Linde, c'est un soldat, un patriote. Il est condamné pour torture et assassinat. Il va être exécuté le lendemain matin. Il ne se considère pas coupable et il souhaite être compris. Alors, il raconte au lecteur sa vie et ses motivations. Choisir de donner la parole à un personnage aussi abominable est en soi-même un pari littéraire risquée...Quelle réception peut-on attendre d'un tel texte ?

Otto Dietrich zur Linde est un homme cultivé qui lit Nietzsche, Spengler et, surtout, Shopenhauer. Il est entré au Parti National Socialiste en 1929 et, en 1941, il a été nommé sous-directeur du camp de concentration de Tarnowitz. Son engagement politique, il le vit comme un sacerdoce : sa foi est grande en l'idéologie nazie et il est convaincu que sa mission est de participer à la construction d'un monde nouveau. Comme l'explique très bien une analyse lue sur un blog intitulé Noviembre nocturno, un blog en espagnol dédié au thème de la terreur, Otto Dietrich zur Linde “ a été une simple manifestation de l'Histoire, un simple instrument au bénéfice du progrès. Un progrès qui se gagne, selon son opinion, par l'élimination de toute pitié et de toute faiblesse, encarnées, selon lui, dans le judéo-christianisme. »

Le personnage explique qu'il ne lui a pas été facile de devenir un bon nazi, « je n'avais pas vocation à la violence ». Pour illustrer la difficulté qu'il a à se défaire de toute pitié, de toute compassion, à se défaire de son humanisme judéo-chrétien, il relate un épisode-clef : le moment où arrive au camp de concentration un poète juif qu'il apprécie, David Jérusalem. Otto Dietrich zur Linde dit : “Je ne sais pas si Jérusalem a compris que si, moi, je l'ai détruit ce fut pour détruire ma propre pitié. À mes yeux, ce n'était pas un homme, pas même un juif ; il était devenu le symbole d'une partie de mon âme que je détestais. J'ai agonisé avec lui, je suis mort avec lui, d'une certaine manière je me suis perdu avec lui ; c'est pour cela que je fus implacable. »

Sa conviction d'être là pour construire un monde nouveau l'amène à considérer l'effondrement de l'Allemagne comme une victoire pour l'idéologie qu'il défend : « Une époque implacable s'abat sur le monde. Nous l'avons forgée, nous en sommes les victimes. Qu'importe que l'Angleterre soit le marteau et nous l'enclume ? L'important est que la violence nous régisse, non les serviles atermoiements chrétiens. Si la victoire et la justice et le bonheur ne sont pas pour l'Allemagne, d'autres nations en profiteront ».

Beaucoup de nouvelles de Borges se caractérisent pour leur exploration des questionnements philosophiques mais, dans ce cas, et en 1946, l'exercice semble périlleux. Dans le blog Noviembre nocturno, l'article rapporte que le philosophe chilien Victor Farías fit une expérience avec le récit de Borges : il le donna à lire à un groupe de chercheurs sur le nazisme sans indiquer qui était l'auteur. Après la lecture, ils demandèrent qui était le S.S. qui l'avait écrit. Ils furent surpris d'apprendre que c'était un Argentin, dès 1946, qui avait pu rendre compte de manière aussi convaincante de l'idéologie nazi.

Borges, qui sans doute s'est rendu compte de toute l’ambiguïté de son récit ne l'a pas inclus dans les publications postérieures de L'AlephUn détail semble abonder cet argument : dans les notes de bas de page de l'éditeur fictif du récit, celui-ci explique qu'il n'a pas pu publier la phrase complète où Otto Dietrich zur Linde explique ce qu'il a fait subir au poète juif. 

Criminales : "La multitud errante" de Laura Restrepo

(Penguin Random House Grupo Editorial, 2016)

 

Esa novela de la Colombiana Laura Restrepo tiene como trasfondo un periodo de guerra civil denominado La Violencia, un periodo de enfrentamiento entre liberales y conservadores que inició en 1948 y duró más de diez años. Ese conflicto que empezó con el asesinato del candidato liberal a la presidencia, Jorge Eliecer Gaitán, hizó 200 000 o 300 000 muertos y provocó la migración forzosa de más de dos millones de personas, o sea la quinta parte de la población.

La novela es una historia de migración y de amor. En un albergue gestionado por monjas donde vienen a refugiarse los que huyen la guerra, llega un hombre que anda, desde años, buscando a una mujer que desapareció. Ese hombre tiene como apodo Siete por Tres, un apodo que evoca el nombre de un personaje de cuento. Varios elementos lo ubican en ese tipo de narrativa maravillosa cómo su búsqueda o su capacidad prodigiosa para cualquier tipo de trabajo...En una entrevista, Laura Restrepo, que también es periodista, explica cómo estuvo en varios campamentos de refugiados del conflicto colombiano : en uno de ellos conoció a un niño huérfano que tenía seis dedos en uno de los pies. Todo el mundo lo llamaba Veintiuno. Pero el cura dió un sermón diciendo que no estaba bien burlarse de los defectos físicos. Entonces la gente en vez de llamar al niño Veintiuno, se pusieron a llamarle Siete por Tres. Las familias del campamento se tornaban para guardar el niño, no sólo para protegerle sino también porque consideraban que daba suerte.

Laura Restrepo, en 1983, fue nombrada por el presidente Belisario Betancur miembro de la comisión negociadora de paz entre el gobierno y la guerrilla M-19. Escribió un testimonio de esa experiencia por el que fue amenazada de muerte y tuvo que exiliarse. Vivió durante cinco años entre México y Madrid, manteniendo contactos con el ala política del grupo guerrillero M-19 y tratando de que sigan las negociaciones. En 1989, el M-19 abandonó las armas, se convirtió en un partido legal y ella pudo volver a su país.

 

 

Laura Restrepo habla de La multitud errante

El periodo histórico “La Violencia”

 

Criminales : Nazis en la literatura latinoamericana

El tema del nazismo aparece en muchos relatos ficticios de la literatura latinoamericana nutridos de la realidad histórica del continente y es tratado por autores tan variados como el Mexicano Pedro Ángel Palou, el Argentino Edgardo Cozarinsky o el Chileno Roberto Bolaño.

Las maneras de tratar el tema son muy diversas. El Mexicano Jorge Volpi en su novela En busca de Klingsor mira como la ciencia esta puesta al servicio del Mal. El Argentino Pablo de Santis en La sexta lampara se interesa por el destino de un arquitecto italiano cuyas teorías van a encontrarse con las ideologías totalitarias que se estan desarrollando en la vieja Europa. En su novela Nombre de torero, el ChilenoLuis Sepúlveda cuenta una investigación que tiene su origen en la desaparición de un tesoro de guerra. Retornamos como sombras de Paco Ignacio Taibo II es un relato desquiciado del México de los años 1940 cuando el país está a punto de declarar la guerra a Alemania.

El escritor mexicano Pedro Ángel Palou publicó dos libros donde aparece la temática del nazismo: Malheridos y El dinero del diablo. Este último intersándose por las intrigas palaciegas de 1929, cuando crece el poder de la Santa Sede a la sombra de Mussolini y Hitler. La investigaciónhistórica es la que también prevale en la ambiciosa novela del Argentino Leopoldo Brizuela, Lisboa un melodrama, que reconstituye las tensiones de una Europa en crisis. Se puede mencionar también la novela Los informantes del Colombiano Juan Gabriel Vazquez que investiga sobre como los Estados Unidos obligaron su país, durante la II Guerra Mundial, a confinar los ciudadanos alemanes establecidos en el territorio.

 

El hecho de que América Latina fue un notable refugio para varios criminales del régimen del Tercer Reich a la hora de la derrota esta tratado en la novela Lejos de donde de Edgardo Cozarinsky o en la de Sergio Gómez, Patagonia, inspirada de investigaciones de María Soledad de la Cerda y que se parra en la figura de Walter Rauff, arribado al país sudamericano en 1958 y cuya verdadera identidad fue descubierta cuatro años más tarde: ex oficial nazi y creador de los camiones de gas, cámaras ambulantes en las que fueron asesinadas casi cien mil personas, permaneció en Chile hasta su muerte en 1984.

 

El nazismo planteo de manera radical el problema del Mal. Podemos ubicar en ese cuestionamiento la novela de Oscuro bosque oscuro de Jorge Volpi que involucra el lector en un juego macabro y lo vuelve un soldado más de un sistema sanguinario. Pero el autor que mejor investigó en toda su obra el tema del mal fue el Chileno Roberto Bolaño. Muchos de sus libros tocan a la problemática filosófica que planteó el nazismo siendo su libro La literatura nazi en América uno de lo másemblemáticos. Un libro que constituye una antologíaapócrifa de la literatura filo-nazi en América desde 1930 a 2010. Pero el tema del nazismo aparece en otros de sus novelas : 2666 o El tercer Reich.

 

Es imprescindible mencionar en esa lista un relato corto de Jorge Luis Borges: Deutsches Requiem. Ese relato se publicó por primera vez en 1946 en la revista argentina Sur, una revista emblemática de la vida intelectual argentina, fundada por Victoria Ocampo en 1931 y que existió hasta 1992. En 1949, Borges incluyó Deutsches Requiemen su compilación de relatos titulado El Alephpero no en las publicaciones de 1961 y 1967. ¿Porqué?

En ese relato, un nazi se expresa para explicar la lógica de sus actos y la validez de sus fundamentos. Se llama Otto Dietrich zur Linde, es un soldado, un patriota, condenado por torturador y asesino, lo van a ejecutar a la mañana siguiente. No se considera culpable y quiere ser comprendido entonces expone su trayectora vital e intelectual. Elegir dar la palabra a un personaje tan abominable es en sí mismo una apuesta literaria arriesgada...¿Cómo puede recibir el lector un texto de ese tipo?

Otto Dietrich zur Linde es un hombre culto que lee Nietzsche, Spengler y, sobre todo, Shopenhauer. Entró en el partido nacional-socialista en 1929 y, en 1941, fue nombrado subdirector del campo de concentración de Tarnowitz. Su compromiso político lo lleva como un compromiso espiritual: tiene una fé muy grande en la ideología nazi y está convencido que su misión es construir un mundo nuevo. Cómo lo explica muy bien un análisis que encontré en un blog llamado Noviembre nocturno, un sitio dedicado al tema del terror, Otto Dietrich zur Linde “ha sido una simple manifestación de la Historia, un mero instrumento en aras del progreso. Un progreso que viene dado, en su juicio, por la eliminación de todo lo piadoso y débil, encarnado para él en lo judeocristiano”.

El personaje explica que no le fue fácil volverse un buen nazi, “me faltaba toda vocación de violencia”. Para ilustrar esa dificultad a despojarse de cualquier piedad, de cualquier compasión, esa dificultad a deshacerse de su humanismo judeocristiano, cuenta un episodio clave : Cuando trajeron al campo de concentración un poeta judío que él apreciaba, David Jerusalem. Dice Otto Dietrich zur Linde : “Ignoro si Jerusalem comprendió que si yo lo destruí, fue para destruir mi piedad. Ante mis ojos, no era un hombre, ni siquiera un judío; se había transformado en el símbolo de una detestada zona de mi alma. Yo agonicé con él, yo morí con él, yo de algún modo me he perdido con él; por eso, fui implacable”.

Su convicción de tener que construír un mundo nuevo lo lleva a interpretar la derrota de Alemania cómo una victoria para la ideología que defiende : “Se cierne ahora sobre el mundo una época implacable. Nosotros la forjamos, nosotros que ya somos su víctima. ¿Qué importa que Inglaterra sea el martillo y nosotros el yunque? Lo importante es que rija la violencia, no las serviles timideces cristianas. Si la victoria y la injusticia y la felicidad no son para Alemania, que sean para otras naciones.

Muchos de los cuentos de Borges se caracterizan por explorar cuestionamientos filosóficos pero, en ese caso, y en 1946, el ejercicio resulta peligroso. En el blog de Noviembre nocturno, el artículo relata que el filósofo chileno Victor Farías hizo una prueba con ese cuento : lo dió a leer a un grupo de investigadores del nazismo sin indicar quién era el autor. Al concluir la lectura preguntaron quién era el SS que lo había escrito. Se quedaron sorprendidos al saber que un Argentino, en una fecha tan temprana, haya podido rendir cuenta de manera tan segura de la ideología nazi.

Borges, quizás por darse cuenta de la ambigüedad de su texto no lo volvió a incluir en la posteriores publicaciones del El Aleph. Un detalle parece confirmar esa idea : dentro de las notas ficcionales del editor que acompañan el relato, hay una donde indica el editor que fue obligado a no publicar la frase donde Otto Dietrich zur Linde explica lo que hizo con el poeta judío.

 

Sobre la presencia nazi en América Latina

y también

Sobre las relaciones entre la Iglesia católica y los nazis.

Deutsches Requiem de Jorge Luis Borges

 

Criminales : "Niebla al mediodía" de Tomás González

(Penguin Random House Grupo Editorial, 2015)

 

Nacido en 1950 en Medellín, Tomás González vivió casi veinte años en Estados Unidos. Allí escribió gran parte de su obra. Autor de novelas ha publicado también dos libros de cuentos y un poemario titulado Manglares.

Niebla al mediodía es una novela cuyo eje es la desaparición de una mujer : Julia. El relato se estructura alrededor de cuatro personajes : Julia, Raúl, Raquel y Aleja. A Raúl, Julia lo abandonó. A Raquel, la hermana de Raúl, siempre le ha caído mal Julia. Aleja era amiga de ella.

Julia, desde la nada, cuenta su parte de la historia.

Por supuesto, tiene una dimensión de novela negra ese relato y uno quiere saber cómo desapareció Julia pero el lector se queda atrapado por la belleza de la escritura de Tomás González y por su manera de indagar en el alma humana, sus corazonadas, su subjetividad, su misterio.

 

Una entrevista al autor

Sobre el tema de los desaparecidos en Colombia

 

 

 

Criminales : Escritura del crimen en la literatura colombiana

Colombia ya parece encaminarse hacia la paz pero el país guarda una imágen de país violento de la cual la literatura se hace memoria y eco.

 

De hecho, de la crónica a la novela, pasando por el guión o la crítica literaria, el crimen y la violencia son motivos centrales en la literatura colombiana contemporánea.

 

Tratando de la crónica, un libro debe recordarse : Colombia amargade un escritor y periodista que se empeño en dar testimonio de la realidad colombiana,Germán Castro Caycedo. Su libro publicado en 1976, investigaba sobre la vida de los niños callejeros, la corrupción, los territorios olvidados del país...

 

Si uno mira las producción novelística, lo que llama la atención son las numerosas interrogantes que provoca en los escritores la violencia que impregna la sociedad en la cual viven. Mario Mendoza, con su libroSatanás, explora los orígines de la violencia y del mal. Los ejércitos d'Evelio Rosero se estructura sobre la violencia irracional y arbitraria :  el pueblo imaginario de San José, funcciona como un espacio simbólico donde se despliega la poética de esa violencia. Por su lado, Santiago Gamboa publicó en 1997, Perder es cuestión de método:un libro que trataba de la violencia y de la corrupción en sus dimensiones universales.

Se puede citar también Crónica de una muerte anunciadapublicada porGabriel García Márquez en 1981. Un libro iniciado con esas palabras “El día en que lo iban a matar, Santiago Nasar se levantó a las 5.30 de la mañana para esperar el buque en que llegaba el obispo. El pueblo en el cual se desarrolla la historia resulta un personaje colectivo : todo el mundo sabe que Santiago Nasar va a morir y nadie trata evitar la tragedia.

 

Es extraño ver publicado esa historia en un momento en que, justamente, el país está a punto de atravesar uno de los periodos más dolorosos de su historia : el narcotraficante Pablo Escobar entra en guerra contra el Estado, los grupos paramilitares se hacen más y más presentes y los ataques y secuestros de la guerrilla se intensifican.

De hecho, en la década siguiente, una abundante producción de novelas negras van a rendir cuenta de esa criminalidad y corrupción : La tragedia de Belinda Elsner de Germán Espinosa (1991), El capítulo de Ferneli de Hugo Cháparro Valderrama (1992), Saide de Octavio Escobar Giraldo (1995) y La canción de la flor de Gonzalo España (1996). El escritor e investigador Gustavo Forero Quintero funda en 2010 un congreso literario dedicado al género negro : Medellín Negro.

 

La violencia en Colombia afecta todos los niveles de la sociedad, del espacio más íntimo al más colectivo y la literatura nacional refleja ese fenómeno. La novela de  Fernando Vallejo El fuego secreto, por ejemplo, cuenta las aventuras homosexuales de un joven en la Colombia de los años1950-1960 y constituye, a la vez, una crítica social feroz. Sergio Álvarez, autor de 35 muertos, explicó por su parte en una entrevista que la llave autobiográfica de su novela era el número impresionante de gente  cercana que se le habían muerto : familiares, amigos o conocidos. Aunque el autor trate el tema con humor, ese libro ha sido calificado por un crítico de “crónica sentimental de la violencia en Colombia.

 

Para completar ese pequeño panorama del tema criminal en la literatura colombiana, podemos añadir dos libros para mostrar la variedad que existe en las publicaciones que tocan el tema :

Los informantes de Juan Gabriel Vásquez que trata de un episodio poco conocido de la historia colombiana : Cómo, por el diktat de Roosevelt, el gobierno trató a los ciudadanos alemanes presentes en el país entre 1941 et 1946.

Plegaria por un Papa envenenado de Evelio Rosero, una investigación sobre el asesinato, en 1978, del papa Juan Pablo I, un papa que quería poner orden en la Iglesia.

 
 

De la conquista a los conflictos armados contemporáneos entre el gobierno y los grupos revolucionarios, la historia colombiana está marcada por la violencia y el crimen.

 

William Ospina ha publicado una trilogía sobre la historia de la Conquista cuyo primer tomo, Úrsua, vuelve sobre la gesta violenta y heroíca del vasco Pedro de Úrsuay nos sumerge en una época en la cual la codicia del oro se nutría de leyendas. Se puede señalar también el libro de Gilberto Castillo,  Balboa y el Mar del Suren el cual se ve la violencia del encuentro entre Españoles y pueblos nativos americanos.

 

Con los relatos de Los piratas en Cartagena, Soledad Acosta de Samper cuenta la historia de Cartagena de Indias, ciudad que tuvo un papel fundamental en la administración y el crecimiento del Imperio español y que padeció durante tres siglos los ataques de los corsarios ingleses y franceses.

 

Para el periodo más reciente, la novela de Gabriel García Márquez Cien años de soledad, obra clave de la literatura latinoamericana, cuenta el destino de siete generaciones de la familia Buendía y del pueblo imaginario de Macondo. Esa novela que da a la historia la dimensión del mito, cubre un período que va de la mitad del siglo XIX a la mitad del siglo XX, un período turbado por guerras civiles entre liberales y conservadores.

La última de esas guerras, llamada “La violencia”, empezó con el asesinato del líder liberal Jorge Eliécer Galitan. Durante diez años, “ los pájaros, implacables asesinos políticos organizaron verdaderas limpiezas. En su películaCóndores no entierran todos los días, el director Francisco Norden trata de uno de los más famosos de esos asesinos  : LeónMaría Lozano, llamado El Condor.

 

Dentro de los episodios contados en la novela Cien años de soledad, encontramos la masacre de las bananeras de 1928, en la ciudad de Ciénaga, al norte de Colombia. Una masacre de los obreros huelguistas de la United Fruit Company operada por el ejército. Gabriel GarcíaMárquez, para restituir el aura de leyenda que guardaba aquella masacre en la memoria colectiva, comunica en su novela la cifra de tres mil muertos, una cifra que parecen confirmar los estudios históricos recientes. Ya en 1924, La voráginede Eustasio Rivera hacía de la literatura colombiana una erramienta notable de denuncia de la explotación y de la miseria de los obreros del caucho.

 

En 2012, Gustavo Forero Quintero publica Desaparición, una novela que trata de la toma del Palacio de Justicia de Bogotá por un comando de guerrilleros en 1985.Esa operación, después de la intervención de la policía y del ejército, desembocó en la matanza de noventa y ocho personas y fue calificada de “masacre” por la Comisión interamericana de los Derechos Humanos. En su novela, Gustavo Forero Quintero  plantea el marco de ese evento : el papel de la guerrilla, del ejército, de Pablo Escobar o de los magistrados. Propone, a partir de ese hecho histórico, claves para entender los problemas contemporáneos de Colombia.

 

La denuncia de la violencia política por la ficción sigue vigente. Puede, por ejemplo, citarse la novela de Santiago Gamboa, Plegarias nocturnas, que propone una íntriga donde se mezclan narcotráfico, desaparición y paramilitares con el telón de fondo de los años del presidente Álvaro Uribe.Según la Comisión colombiana de Juristas, durante el primer mandato del presidente Uribe (2002-2006), once mil trescientos civiles han sido ejecutados de los cuales 14 % por agentes del Estado y 60 % por los paramilitares “tolerados por el Estado”.

 

Tratando de esa cuestión de los crímenes de los paramilitares, se debe señalar el  excelente trabajo documental del directorNicolás Rincón Gille que realizó una trilogía sobre la memoria oral de la violencia en el mundo campesino : En lo escondido, Los Abrazos del Rioy Noche herida. En sus películas de alcance antropológico, explora el lugar de lo sobrenatural en la cultura campesina para superar lo inadmisible.

 

Para concluír, los desplazamientos de población debidos al conflicto armado han sido tratados por Laura Restrepo en su novela La multitud errante.

 
 

La sociedad colombiana se enfrenta a violencias de carácteres distintos que se trata de contar y denunciar.

 

La primera de esas violencias es la violencia social de la pobreza y de la exclusión. 

Laura Restrepo en su novela La novia oscuracuentala historia de una bella prostituta en un pueblo de la selva donde viven obreros del petróleo. Una novela que toca al trabajo periodístico. El tema de la pobreza acompaña el de la injusticia como en la novela de Gabriel García Márquez, El coronel no tiene quién le escriba en la cual un oficial espera en vano su pensión de guerra.

 

Con su documental sobre el tribunal de los delitos menores, Bagatela, el director Jorge Caballero muestra que los acusados presentan siempre el mismo perfil : jóvenes, miserables, sin domicilio, con situaciones familiares drámaticas....Ese universo del mundo delincuente fue tratado ya por Álvaro Mutis con su Diario de Lecumberri, nacido de su experiencia en la cárcel deLecumberri, en México. Una colección de relatos cortos que tendrá un papel importante en la elaboración de su ciclo novelístico de Maqroll, el gaviero. En esos relatos encontramos el mismo humanismo desencantado que en el ciclo de Maqroll. El escritor capta el ambiente de la cárcel, retrata los detenidos y restituye un universo de injusticia, de miseria, de crueldad...y también de solidaridad.

 

El problema de la corrupción política es también recurrente en la literatura contemporánea de Colombia. Pensamos en el libro Mi hermano el alcalde de Fernando Vallejo que cuestiona la validez del sistema democrático pero ese problema nutre toda una literatura ficcional. Ya en 1962, Gabriel García Márquez publicabaLa mala hora, una novela que presentaba un alcalde con prácticas políticas discutibles. En 2003, El cerco de Bogotá de Santiago Gamboa tiene como personajes principales periodistas en el teatro de extrema tensión entre guerrilla y narcotráfico.

 

El secuestro, práctica delictiva que tuvo su auge en los años 1990, sigue siendo un mal endémico. Un tema que trató Gabriel García Márquez en 1996 enNoticias de un secuestroy que volvemos a encontrar en 2014, en el cuento sombrío de Jorge Franco : El mundo de afuera.

 

El exilio es otro tema que suele estar relacionado con la violencia. En la novela Hot sur de Laura Restrepo, una joven latinoamericana que vino a Estados Unidos para realizar sus sueños, vive una pesadilla cuando resulta acusada del asesinato de su marido, un policía blanco. Con Paraíso Travel, Jorge Franco muestra el tráfico sórdido que alimentan los candidatos al exilio.

 
 

La novela negra colombiana es una ilustración reveladora de la violencia y de la criminalidad que hacen estragos en el país.

 

La novela negra existe desde hace mucho tiempo en la literatura colombiana, algunos críticos situan su aparición ya en los años 1920, pero dos obras se pueden señalar que marcan esa aparición :¿Quién mató al carabiñero? de Arcadio Dulcey   (1976) y El caso del rentista de Manuel Marthe Zapata (1980).

Sin embargo, esas primeras publicaciones se debían a pequeñas editoriales independientes. Desde entonces, las grandes editoriales se han interesado por esa literatura.

 

Desde los años 1990, se publicó muchas novelas negras que dan testimonio de la criminalidad y de la corrupción en un país donde narcotraficantes, grupos paramilitares y grupos guerrilleros hacen estragos. El escritor Gustavo Forero Quintero, fundador del Congreso Internacional de Literatura, Medellín Negro, señala que entre 1990 y 2012 un centenar de novelas que tienen como tema el crimen se han publicado en Colombia. Lo explica diciendo “En este país, para un escritor, es difícil apartarse del negro, es decir del mundo del crimen y de la corrupción, porque forma parte de su vida”.

Ese fenómeno se ha incrementado estos últimos años y muchos escritores colombianos que empiezan a publicar lo hacen tratando ese problema de la criminalidad. Se pueden señalar dentro de las más recientes ediciones : La venta de Juan Sebastián Gaviria, La reina y el anillo de Luis González, Cementerios de neón de Andrés Felipe Solano ou La cuadra de Gilmer Mesa.

 

La novela negra actual es un género que se interesa más por el contexto de la criminalidad que por la resolución de un enigma policíacaaíslamiento del indivíduo en el espacio urbano, crisis de los valores, delincuencia...En Colombia, como lo explica Laura Restrepo, «no se puede escribir sobre detectives, sería gracioso. No se investiga porque todo el mundo sabe quién mata.” Laura Restrepo escribió un relato inspirado de la rivalidad real de dos familias sometidas a un ciclo sin fin de venganzas, un relato que reflexiona sobre una de las fuentes de la violencia en Colombia : Leopardo al sol.

 

La producción reciente de la novelística negra pone de manifiesto el criminal y sus contradictiones, el estatuto del indivíduo marginal en conflicto radical con la sociedad. Mario Mendoza, por ejemplo, con su novelaEl viaje del loco Tafur, intenta comprender el orígen de la locura poniendo en escena a un asesino que cuenta su vida.

 

Esa producción se interesa también por la corrupción del mundo político como se puede ver con la novela Lady Masacre de Mario Mendoza o con lanovela de Laura Restrepo,Delirio, en la cual el misterio de una mujer que se ha vuelto loca desemboca en una investigación sombría sobre las relaciones entre la oligarquía y el narcotráfico.

Se podría añadir a este listado la novela Justos por pecadores de Fernando Quiroz, una investigación sobre el Opus Dei.

 

La dimensión política puede también ser tratada de manera totalmente ficcional como en la novela Buda Blues de Mario Mendoza en la cual un universitario investigando sobre un asesinato descubre un mundo paralelo, el de los anarcoprimitivistas.

 

La novela negra colombiana cuenta desde ahora con numerosos representantes que hacen entrar el género en la gran literatura. Podemos citar Necrópolis de Santiago Gamboa porque es un libro que va más allá del genero negor o Tres ataúdes blancos de Antonio Ungar que propone un juego literario sobre diferentes versiones de una misma historia.

 

 

 

Encontramos en la literatura colombiana temas ligados a la violencia y la criminalidad que estan presentes también en otras literaturas nacionales de América Latina. 

 

 

 

El otoño del patriarca de Gabriel García Márquez construye un mecanismo narrativo que cuenta la vida y la muerte de una dictador. Una figura siniestra que aparece bajo la pluma de los mejores escritores del continente. Pensemos en Yo, el supremo de Augusto Roa Bastos, El señor presidente de Miguel Ángel Asturias o La fiesta del chivo de Mario Vargas Llosa.

 

 

 

El exilio y sus tráficos, tema tratado en la novela Paraíso travel de Jorge Franco o El síndrome de Ulises de Santiago Gamboa aparece en otras literaturas del continente. Pensamos, por ejemplo, en el libro del Mexicano Carlos Fuentes, La frontera de cristal que pone de manifiesto las relaciones que existen desde hace mucho tiempo entre su país y su vecino del norte.Podemos mencionar también el libro del Boliviano Raúl Paz Soldán, Norte donde el tono de thriller se acopla con la reflexión sobre la presencia de los latinoamericanos en Estados Unidos.

 

 

Durante su viaje hacia Estados Unidos, el héroe de la novela de Jorge Franco se da cuenta que está lejos de llegar porque, por todas partes, ve la misma miseria , el mismo paísaje latinoamericano que se puede ver “de México hasta el polo sur”...

 

 

 

La ficción, en Colombia como en otros países latinoamericanos, puede ser usada para oponerse a la verdad oficial. La masacre de las bananeras de 1928, contada en Cien años de soledad fue contada también en otra novela colombiana :La casa grandede Álvaro Cepeda Samudio. Esa preocupación de salvar del olvido un episodio doloroso de la lucha obrera anima igual al ChilenoHernán Rivera Letellier en su novela Santa Maria de las Flores Negras.

 

 

 

Para concluir, es interesante notar que existe un subgénero de la novela negra, la « narcoliteratura », que transcende también las fronteras. En el libro Trece formas de entender la novela negra una compilación de escritos sobre género negro fruto de los encuentros del Congreso Internacional de Literatura Medellín Negro, se puede leer un artículo titulado Representaciones del narcotráfico en la literatura mexicana y colombiana. Una pista de investigación interesante : el Colombiano Jorge Franco conRosario Tijeraselije como personaje principal una sicaria del cartel de Medellín. Su compatriota Fernando Vallejo, enLa virgen de los sicarioscuenta una historia de amor trágica con un joven delincuente también sicario en Medellín ; si miramos del lado mexicano, podemos citarFiesta en la madriguera de Juan Pablo Villalobos cual héroe es un niño cuyo padre es narcotraficante o Trabajos del reino de Yuri Herrera que trata de los corridos inventados para celebrar los jefes de cartel. La narcoliteratura propone tipos sociales que condensan los rasgos característicos del sector marginalizado de la sociedad y sus relatos, que sean mexicanos o colombianos, subrayan los fenómenos sociales que acompañan la violencia del tráfico : auge de la pobreza, corrupción política, destrucción del cuerpo social, impunidad.

 

 

 

Para saber más :

 

Muchos de los documentos mencionados en esa nota  forman parte del fondo documental dedicado a las Artes y Culturas de América de la biblioteca de Biarritz :  Espace América de la Médiathèque de Biarritz.