Horaires

mardi - mercredi - vendredi - samedi

de 10h à 18h (en continu)

Le jeudi

  • de 14h à 18h du 1er octobre au 31 mars
  • de 14h à 20h du 1er avril au 30 septembre

Besoin d'aide ?

aide.png

Espace América

section-america.jpg

  

Un centre documentaire sur les Arts et les Cultures de l’Amérique Latine.

 

Littérature contemporaine (en espagnol et en français)

Films de fiction ou documentaires 

Musique 

Livres d’art contemporain (en espagnol)

Cartes, revues ...

 

Trois publications permettent de découvrir ce fonds exceptionnel :

 

Note Latine, publiée sur le site de la médiathèque et archivée sur le blog l'Ouvre-Muraille, propose des notes de lecture sur la littérature latino-américaine traduite en français.

 

Criminales, publiée sur le site de la médiathèque et archivée sur le blog Apuntes delictivos, propose des notes de lecture sur la collection "crimen y literatura" du fonds América.

 

Chronique de l'Ame, bulletin documentaire trimestriel qui propose des parcours de découverte du fonds América, à consulter sur place...et à emporter si on le souhaite.

 

Tout au long de l'année des animations, en entrée libre, sont organisées pour connaître la richesse culturelle de l'Amérique Latine : club de lectores, projections, cycle cinéma  Doc Latino en été, exposition, rencontres...

L'Espace América est à la disposition des enseignants pour toute activité pédagogique.

Emprunts avec la carte d’adhérent à la médiathèque. Prêt inter-bibliothèques.

 

Programme Animation América Mars-Avril 2017

 Parcours documentaire

De mars à mai 2017

Amérique coloniale

La période coloniale de l'Amérique Latine est une période fondamentale de l'histoire du continent. Les Chroniques de l'Ame vous proposent de découvrir les documents du fonds América qui permettent de mieux appréhender cette longue histoire qui va du XVIe siècle au XIXe siècle. 

 

Ciné du Vendredi

Vendredi 3 mars 2017, 15h30, Auditorium

Medianeras de Gustavo Taretto (VOST-1h31mn)

Martin est phobique mais se soigne. Petit à petit, il parvient à sortir de son isolement, de son studio et de sa réalité virtuelle. Il est web-designer. Mariana sort d'une relation longue. Elle est perdue et confuse, à l'image du désordre qui règne dans son appartement. Martin et Mariana vivent dans la même rue, dans des immeubles l'un en face de l'autre mais ne se sont jamais rencontrés. Ils fréquentent les mêmes endroits mais ne se remarquent pas. Comment peuvent-ils se rencontrer dans une ville de trois millions d'habitants? Ce qui les sépare les rassemble...

 

Club de lectores

Mardi 14 mars 2017, 10h30, Espace América

América colonial

Une fois par mois, un club de lecture en espagnol pour découvrir la littérature latino-américaine. Un thème et la bibliographie qui l'accompagne sont à votre disposition à l'Espace América.

 

Ciné du Vendredi

Vendredi 17 mars 2017, 15h30, Auditorium

Deux films d'architecture de Richard Copans (VF, 52mn)

Deux courts métrages pour comprendre deux gestes d'architecte : le Rolex Learning center sur les rives du lac Léman...et le centre social Pompeia de Sao Paulo.

 

Club de lectores

Mardi 11 avril 2017, 10h30, Espace América

Marineros

Une fois par mois, un club de lecture en espagnol pour découvrir la littérature latino-américaine. Un thème et la bibliographie qui l'accompagne sont à votre disposition à l'Espace América.

 

Ciné du Vendredi

Vendredi 14 avril 2017, 15h30, Espace América

Caminos Barrocos de Olivier Simmonet (VF-1h44min)

Les Chemins du Baroque sont nés il y a 25 ans pour explorer un pan d'histoire mal connu : le rôle des Jésuites dans l'implantation de la musique baroque en Amérique latine. Cette curiosité a mené à la rencontre de musiciens européens et de plusieurs pays sud-américains qui ont fait revivre non seulement un répertoire musical, mais aussi des instruments et des pratiques tombées dans l'oubli. Un concert emblématique a été donné au Paraguay. Au programme: San Ignacio, un opéra de Domenico Zipoli, compositeur considéré comme l'Orphée des Guarani.

Note Latine : “Doña Bárbara” de Rómulo Gallegos

Titre original : Doña Bárbara

Traduction de René L. F. Durand

 

(Gallimard, 1951)

 

En 1964 a été créé le prix international de littérature Rómulo Gallegos. Ce prix est considéré par beaucoup comme le plus prestigieux de la littérature en langue espagnole. C'est dire l'importance de cet écrivain, enseignant et homme politique vénézuélien né en 1884 et décédé en 1969.

Doña Bárbara, publié en 1929 est son roman le plus célèbre. Il met en scène un des grands thèmes de la culture latino-américaine qui émerge lors des indépendances : l'affrontement entre la civilisation et la barbarie dans l'élaboration des identités nationales.

Le premier à s'être fait l'écho de ce thème tout autant politique que culturel fut l'écrivain et homme politique argentin Domingo Faustino Sarmiento avec son livre Facundo, écrit en 1845. Ce livre fondamental de la littérature hispano-américaine est une biographie de Juan Facundo Quiroga, un caudillo (chef militaire) des guerres civiles argentines des décennies 1820 et 1830. Cette biographie est, pour Sarmiento, l'occasion de dépeindre la nature argentine et le caractère du gaucho mais c'est surtout un pamphlet contre Juan Manuel de Rosas (1793-1877), tyran qui dirigea la Confédération argentine de 1835 à 1852, et contre la barbarie du caudillisme traditionnel basé sur la personnalisation du pouvoir, la violence et le clientélisme.

Avec Doña Bárbara, Rómulo Gallegos reprend les données de cette problèmatique mais au Vénézuela : la beauté et la sauvagerie de la savane, les moeurs rudes de ceux qui y vivent et la barbarie du caciquisme. Pour ce faire, il met en scène l'affrontement entre Doña Bárbara, une métisse indienne que la vie a rendue impitoyable et Santos Luzardo, jeune propriétaire terrien ayant étudié à la ville qui revient sur ses terres avec l'intention d'y amener la civilisation. On  retrouve dans ce roman, paru au début du XXème siècle, des échos du romantisme et du naturalisme et, surtout, le charme des romans d'aventure.

 

"Et permettez-moi de vous donner un conseil car vous êtes jeune et étranger en ces lieux, à ce qu'il paraît : n'acceptez jamais un compagnon de voyage si vous ne le connaissez pas comme vos propres mains. Et puisque je me suis permis de vous donner un conseil, je vais vous en donner un deuxième, car je vous ai trouvé sympathique. Prenez bien garde à DoñaBárbara […] celui à qui elle ne tourne pas la tête par ses cajoleries, elle l'envoûte avec un breuvage ou l'accroche à ses jupes et fait avec lui ses quatre volontés, car elle est experte aussi en sorcelleries. Et s'il s'agit d'un adversaire, elle ne fait pas de sentiment pour ordonner d'ôter de sa présence celui qui se met en travers de ses projets..."

Note Latine : " Le christ des ténèbres" de Rosario Castellanos

Titre original : « Oficio de tinieblas »

Traduction d'Annette et Jean-Claude Andro

(Gallimard, 1970)

 

Ce roman dont l'action se déroule dans les années 1930, traite d'une problématique héritée de l'histoire coloniale : le conflit entre les Amérindiens et les descendants des Espagnols au Mexique.

Il faut se souvenir que la colonisation européenne en Amérique fut un vaste processus d'appropriation territoriale, politique, économique et de domination culturelle et spirituelle.

Dès le début de la période coloniale, la coopération des indigènes est organisée par le système de la "encomienda" : droit légal du conquistador à bénéficier de tribut et de travail indigènes dans un territoire octroyé par la Couronne. Cependant, la chute démographique dramatique de la population indienne au cours du XVIe et XVIIe siècles remet en question ce système : les nouveaux colons ne peuvent se voir attribuer des "encomiendas". Ils achètent aux autorités de grandes parcelles et une nouvelle structure économique agropastorale se met en place, la "hacienda". Une structure caractéristique de la fin de la période coloniale qui concentre dans les mains des créoles les meilleures terres qu'ils exploitent, selon les régions, avec une main d'oeuvre indigène assujettie ou des esclaves. Aujourd'hui encore, la concentration des exploitations au main d'une oligarchie de propriétaires terriens est un problème dans beaucoup de pays latino-américains.

Au Mexique, en 1934, arrive à la présidence Lázaro Cardenas. Défenseur des communautés indiennes et des paysans, il entreprend un réforme agraire pour redistribuer les terres. Rosario Castellanos (1925-1974) explique : "Le Christ des ténèbres est basé sur un fait historique : la révolte des Indiens chamulas, à San Cristóbal, en 1867. Un évènement qui aboutit à la crucifixion d'un de ces Indiens que les mutins proclamèrent Christ Indigène. Momentanément et grâce à cet acte, les Chamulas se sentirent égaux des blancs." Mais Rosario Castellanos déplace l'évènement dans le temps, "vers une période que je connaissais mieux, l'époque de Cárdenas, une temps où, selon toutes probabilités, il va y avoir une réforme agraire dans le Chiapas. Ceci crée un malaise entre ceux qui possèdent la terre et ceux qui espèrent la posséder : entre les blancs et les Indiens."

La confrontation entre les deux communautés est politique cependant ce que met en scène Rosario Castellanos dans son roman c'est aussi un affrontement culturel et spirtituel. D'un côté la culture dominante des blancs, de l'autre la culture non reconnue des Indiens. Mais cette mise en scène pose question au lecteur. D'abord parce la romancière en voulant dénoncer l'exploitation et la marginalisation des Indiens dresse un portrait essentiellement négatif de cette communauté : elle se caractérise par la pauvreté, l'exploitation, l'ignorance, la superstition, le délire collectif et la violence. Ce qui laisse un goût amer quand on referme le livre.

Cependant, Rosario Castellanos, grande figure de la littérature mexicaine est appréciée pour avoir abordé dans son oeuvre le problème de la condition des Indiens et des femmes. Une écrivain engagée qui travailla, de 1956 à 1957, dans le Centre de Coordination de l'Institut Indigéniste du Chiapas. Elle a écrit trois livres qui ont pour cadre le Chiapas et qui traitent du conflit entre les descendants d'Espagnols et les Indiens : Deux romans, Balún Canán (1957), édité en 1962 chez Gallimard sous le titre Les Étoiles d'herbe, Oficio de tinieblas (1962), traduit en français sous le titre Le christ des ténèbres et un recueil de nouvelles Ciudad Real (1960).

Ces œuvres sont à intégrer dans le mouvement de l'Indigénisme : un courant culturel, politique et anthropologique apparu dans les années 30 qui étudie et met en valeur les cultures indigènes, qui interroge les mécanismes de discriminations dont les Indiens font l'objet. Les grands représentants de l'indigénisme littéraire sont les Péruviens Ciro Alegría et José María Arguedas, le Bolivien Alcides Arguedas et l’Équatorien Jorge Icaza.

Si ce courant culturel a eu un rôle historique important dans l'amélioration de la condition indienne, on lui a reproché d'être devenue une idéologie qui se limite à poser le problème indigène en termes d'intégration aux modèles dominants. C'est cette critique qui apparaît dans un article de la chercheuse Virginie Ruiz: "Rosario Castellanos véhicule l’idéologie de la politique indigéniste des années soixante selon laqelle les croyances mythiques sont un frein à la libération des Indiens, condamnés à rester en marge de l’Histoire"

Dans un autre article, la chercheuse souligne : "Aux yeux de la critique littéraire pratiquement unanime, Rosario Castellanos donne une vision de l'Indien " de l'intérieur " très novatrice dans le courant littéraire indigéniste. Selon cette perspective, la trilogie apparaît comme un hymne à la parole indigène en lutte contre le silence et l'oubli. Notre travail effectue une nouvelle lecture qui interroge l'ambiguïté constitutive de la trilogie, comme preuve non pas de l'adéquation, mais de la fracture existante entre l'univers indigène et sa représentation littéraire." (Rosario Castellanos et l'altérité indienne dans la "trilogie du Chiapas" : une vision ethnocentrique de l'Indien mexicain ).

Le problème de ces ouvrages réside donc dans la vision qu'ils nous donnent des communautés indiennes et de leur histoire. Par exemple, l'épisode de la crucifixion est présenté comme un fait historique bien que Rosario Castellanos explique "il n'existe presque pas de documents au sujet de ce soulèvement. Les témoignages que j'ai pu collecté sont influencés, comme il est logique, par des partialités plus ou moins ingénues".

De fait, la rébellion narrée dans le roman est un des épisodes tragiques de la Guerra de Castas, un mouvement social des mayas yucatèques qui s'opposèrent aux créoles et aux métis. Une guerre débutée en 1847 qui fit presque 250 000 morts et qui prit fin officiellement en 1901 avec l'occupation, par les troupes de l'armée fédérale mexicaine, de la capitale maya Chan Santa Cruz.

La dimension spirituelle de cette rébellion a été étudiée, notamment la survivance de croyances mayas et l'émergence, durant les périodes coloniale et indépendantiste, d'un syncrétisme religieux qui donna le jour à différentes réponses messianiques. Certaines de ces études corroborent l'épisode de la crucifixion mais des historiens proposent une autre lecture de l'Histoire. C'est le cas, par exemple, du chercheur Misgav Har-Peled, auteur d'un article intitulé Judíos, indios y el mito del crimen ritual. El caso de Chamula, Chiapas, 1868, où il développe l'idée que le récit de cette crucifixion réactive le mythe du crime rituel traditionnellement reproché aux juifs dans la tradition catholique. Le chercheur rappelle par ailleurs que, déjà en 1979, l'anthropologue Jan Rus était le premier à remettre en question la réalité historique de la crucifixion indigène de Chamula.

 

Note Latine : "Les temps perdus" de Juan Pablo Villalobos

Titre original : Te vendo un perro

Traduit pas Claude Bleton

(Actes Sud, 2016)

Un retraité cynique dans un immeuble décrépi égrène les déboires avec ses voisins, les aventures qui sont encore à sa portée et ses souvenirs...Une galerie croustillante de personnages et de situations servie par un humour mordant, un usage fantaisiste et ironique de la littérature.

Juan Pablo Villalobos est né à Guadalajara, au Mexique, en 1973. Son premier roman, Dans le terrier du lapin blanc, a été traduit en quinze langues.

 

"À cette époque, chaque matin en sortant de mon appartement, le 3-C, je tombais sur ma voisine de palier du 3-D, qui s'était fourré dans la tête que j'écrivais un roman. Elle s'appelait Francesca et moi, excusez du peu, je n'écrivais pas du tout un roman. […] Après nous être salués d'un haussement de sourcils, nous nous immobilisions devant la porte de l'ascenseur, qui divisait l'immeuble en deux et montait et descendait comme la braguette d'un pantalon. À cause de ce genre de comparaisons, Francesca racontait à tous les locataires que je lui faisais du plat. Et aussi parce que je l'appelais Francesca, qui n'était pas son vrai prénom, c'était celui que je lui avais attribué dans mon prétendu roman.
Il y avait des jours où l'ascenseur mettait des heures à arriver, comme s'il ignorait que les usagers étaient des vieillards, ou comme s'il croyait que nous avions encore tout le temps devant nous et non derrière."

Note Latine : "Jeu de dames" de Mario Bellatin

Titre original : Damas chinas

Traduction de Svetlana Doubin

(Gallimard, 2009)

 

Mario Bellatin, né à Mexico en 1960, est un des écrivains les plus insolites de la littérature latino-américaine. Son œuvre s'inscrit dans une pratique expérimentale de la littérature et son art de narrer captive le lecteur.

Ce livre en deux parties propose deux récits, un peu comme deux manières de jouer aux dames. Dans la première partie, on avance dans un jeu qui devient chaque fois plus trouble. Dans la seconde, le récit rapporté se déploie avec la fantaisie et la transparence de l'enfance.

Note Latine : "Neruda par Skármeta"

Titre original : Neruda por Skármeta

Traduit par Alice Seelow

(Grasset & Fasquelle, 2006)

 

Antonio Skármeta est né au Chili en 1940. Écrivain et scénariste, c'est le film Le facteur (1994) tiré de son roman Une ardente patience qui le fera connaître internationalement. Le film est de Michael Radford, Philippe Noiret y joue le rôle de Neruda et Massimo Troisi, le rôle du facteur. L’œuvre de Skármeta est traduite en plus de vingt langues. Il a obtenu, en 2001, le prix Médicis pour son roman La noce du poète et le prix Planeta, en 2003, pour son roman Le ballet de la victoire.

Dans ce livre, composé de courts chapitres, il revient sur la relation qu'il a noué avec le grand poète chilien Pablo Neruda et sa poésie. Il propose une biographie intime illustrée d'un choix de poèmes, un florilège des vers qui l'ont le plus touché ou enthousiasmé traduit, ici, par Claude Couffon, Guy Suarés, Jean-François Reille, etc.

 

"Vers 1969 il fut candidat à la présidence de la République et j'eus l'occasion de le voir en campagne dans un humble village des environs de Santiago. Il avait plu et les presque deux cents auditeurs de son discours avaient les pieds dans la boue. C'étaient des gens très pauvres et leur situation ne leur avait certainement pas permis d'aller très loin dans leurs études. Le poète concluait sa harangue sans grand entrain et se disposait à descendre de l'estrade en bois, quand le public l'en empêcha en criant « Des poèmes, des poèmes, nous voulons des poèmes ! » Neruda se fit prier une minute, puis sortit un livre de sa poche."

Note Latine : "Cercle de pénombres" d'Oscar Cerruto

Titre original : "Cerco de penumbras"

Traduction de Martine Coulderc

(Édition Patiño, 1987)

Oscar Cerruto, de père bolivien et de mère anglaise, est né à La Paz en 1912. Il est mort dans cette même ville en 1981. Poète, romancier, essayiste, journaliste et diplomate, c'est un des auteurs majeurs de la littérature bolivienne. Ce recueil de nouvelles merveilleusement traduit permet au public français de découvrir la beauté poétique de son écriture.

On trouve dans ce recueil toutes les gammes du récit fantastique - surprise glaçante, récit absurde ou onirique - mais aussi des variations sur la ville ou des portraits d'enfants d'un réalisme sensible.

 

" Je m'approche d'une table où l'on me fait une place.
-Comment ça va ?
-Quoi de neuf ?
-Rien.
Rien, jamais rien. Le contenu des paroles, ici, n'a pas d'importance. L'essentiel est d'être – mal assis – au bord de la table, comme au bord de la cordialité. Plus qu'avec les autres, avec soi-même. Parce que je reste seul, avec eux, qui sont seuls aussi. C'est notre seule façon, à nous, les hommes de la ville, de nous réunir, de réunir des solitudes limitées, lisses, compactes, semblables à des parcelles de terre irriguée par le ruisseau excité de mots. Me trouver ici, dans l'exaltation, c'est comme être à la fois en moi, et hors de moi. Je crie, je m'enflamme. Gratuitement. Car mes paroles tombent sur la table comme de la fausse monnaie, elles crèvent l'air, comme des oiseaux de fumée."

 

Criminales : “Oficio de Tinieblas” de Rosario Castellanos

(Joaquín Mortiz, 1977)

 

Esa novela cuya acción se desarrolla en los años 30 del siglo XX, trata de una tema directamente heredado de la historia colonial : la relación entre los Indios y los descendientes de Españoles en México.

 

Es de recordar que la colonización europea en América fue un amplio proceso de apropriación territorial, política, económica y de dominación cultural y espiritual.

Desde el principio del periodo colonial, se organiza la cooperación indígena bajo la forma de la encomienda : derecho legal del Conquistador a recibir el tributo o el trabajo indígena de un territorio que la Corona le otorga. Pero, durante los siglos XVI y XVII, la población indígena disminuyó de forma dramática. Los nuevos colonos no podían beneficiar de la encomienda y compraron a las autoridades grandes parcelas para la producción agrícola y la ganadería. Asi emerge otra estructura económica : la hacienda. Una estructura que será la forma de explotación típica del final del periodo colonial y que se va a caracterizar por concentrar en manos de los criollos las mejores tierras, acaparar el agua de regadío y, según la región, la sujeción de los indígenas al predio o la utilización de esclavos, principalmente africanos. Todavía, hoy en día, la concentración de las tierras que estan en mano de una oligarquía de terratenientes es un problema en muchos países latinoamericanos.

 

En México, en 1934, llega a la presidencia Lázaro Cardenas. Defensor de las comunidades indígenas y del campesinato, emprende una reforma agraria para repartir las tierras. Y es justamente este marco que elige la autora, Rosario Castellanos (1925-1974) para el argumento de su novela. Explica : “Oficio de tinieblas” está basada en un hecho histórico: el levantamiento de los indios chamulas, en San Cristóbal, en 1867. Este hecho culminó con la crucifixión de uno de estos indios al que proclamaron los amotinados como el Cristo Indígena. Por un momento, y por ese hecho, los chamulas se sintieron iguales a los blancos”.Rosario Castellanos trasladó el hecho “a un tiempo que conocía mejor, la época de Cárdenas, momento en el que, según todas la apariencias, va a efectuarse la reforma agraria en Chiapas. Este hecho probable produce malestar entre los que poseen la tierra y los que aspiran a poseerla : entre los blancos y los indios.”

 

El enfrentamiento entre las dos comunidades es político pero lo que expone Rosario Castellanos en su novela es también un enfrentamiento cultural y espiritual : Por una lado la cultura dominante de los blancos, por otro lado la cultura negada de los Indios. Pero esa exposición plantea preguntas al lector. Primero porque la autora queriendo denunciar la explotación y la marginalización de los Indios propone un retrato de esa comunidad principalmente negativo : Es una comunidad caracterizada por la pobreza, la explotación, la ignorancia, la superstición, el delirio colectivo y la violencia. Lo cual deja, al acabar la novela, un gusto amargo.

 

Rosario Castellanos es una gran figura de la literatura mexicana apreciada por haber tratado en su obra de la condición de los Indios y de la mujer. Una escritora comprometida que trabajó, entre 1956 y 1957, en el Centro Coordinador del Instituto Indigenista de San Cristóbal las Casas, en Chiapas. Escribió tres libros que refieren a la región de Chiapas y que tratan del enfrentamiento entre descendientes de Españoles e Indios : dos novelas, Balún Canán (1957), Oficio de tinieblas (1962) y un libro de relatos Ciudad Real (1960). Obras que pertenecen al movimiento del Indigenismo, una    corriente cultural, política y antropológica que surge en los años 30 concentrada en el estudio y valoración de las culturas indígenas y el cuestionamiento de los mecanismos de discriminación que sufre los índigenas. Los mayores representantes del indigenismo literario fueron los Peruanos Ciro Alegría et José María Arguedas, el Boliviano Alcides Arguedas y el Ecuatoriano Jorge Icaza.

 

Si esa corriente cultural tuvo un papel histórico importante para una mejora de la condición indígena, se le reprochó volverse poco a poco una ideología que se limitó a pensar el problema indígena en términos de integración a los modelos dominantes. Esa es la crítica que aparece en un artículo de la investigadora Virginie Ruiz: “Rosario Castellanos transmite la ideología de la política indigenista de los años sesenta según la cual las creencias míticas son un freno a la liberación de los Indios condenados a quedarse en el margen de la Historia.”

En otro artículo, la investigadora subraya « Para la crítica literaria casi unánime, Rosario Castellanos da una visión del Indio desde el interior muy innovadora en la corriente indígenista. Según ese punto de vista, la trilogía [de Chiapas] aparece como un himno a la palabra indígena en lucha contra el silencio y el olvido. Nuestro trabajo propone una nueva lectura que interroga la ambigüedad constitutiva de la trilogía, como demostración no de la adecuación, pero de la fractura existente entre el universo indígena y su representación literaria”. O sea que el problema de esos libros reside en la visión que nos dan de la comunidad indígena y de su historia.

 

Por ejemplo, el episodio de la cruxifición está presentado como un hecho histórico a pesar de que, lo explica Rosario Castellanos, “acerca de esta sublevación casi no existen documentos. Los testimonios que pude recoger se resienten, como es lógico, de partidismos más o menos ingenuos”.

De hecho, la rebelión tratada en la novela es uno de los trágicos episodios de la Guerra de Castas, un movimiento social que los nativos mayas del sur y oriente de Yucatán iniciaron en 1847 contra la población de blancos, criollos y mestizos. Una guerra, que costó cerca de un cuarto de millón de vidas humanas y terminó oficialmente en 1901 con la ocupación de la capital maya de Chan Santa Cruz por parte de las tropas del ejército federal mexicano.

La dimensión espiritual de esa rebelión ha sido estudiadoa especialmente la pervivencia de creencias mayas y la emergencia de un sincretismo religioso que genera distintas respuestas mesiánicas durante el periodo colonial y el periodo independentista. Algunos de esos estudios corroboran el episodio de la crucifixión pero otros historiadores proponen otra lectura de la Historia. Es el caso, por ejemplo, del investigador Misgav Har-Peled autor de un artículo titulado Judíos, indios y el mito del crimen ritual. El caso de Chamula, Chiapas, 1868 donde se pregunta si el relato de esa crucifixión no es una reactivación del mito de crimen ritual secularmente imputado a los judíos en la tradición católica. El investigador recuerda que el antrópologo Jan Rus fue el primero en cuestionar desde 1979 la realidad histórica de la crucifixión indígena de Chamula.

 

Sobre Rosario Castellanos

Sobre la Guerra de Castas

Sobre la cruxifición de Chamula

Sobre el Cristo indígena

 

Exposition

Traditions mexicaines

De décembre 2016 à février 2017, Espace América

 

china poblana.png

 

Des costumes mexicains réalisés entièrement à la main et des jouets qui racontent la transmission culturelle : une belle illustration pour la nouvelle série des Chroniques de l'Ame dédiée au folklores et traditions d'Amérique Latine.

 

Exposition mise en place par l'association

Rose Mexicain - traditions d'Amérique Latine.

 

Les visites seront animées par l'association

le samedi 7 janvier 2017 et le samedi 11 février, à 16h.

Por qué una colección "Crimen y literatura"?

Entre violencia, corrupción, herencia de las dictaduras...el crimen es un tema muy presente en la literatura hispanoamericana contemporánea. Pensamos, por supuesto, en la novela policíaca pero el tema puede ser tratado también en crónicas, cuentos, ensayos. Por otra parte, la variedad de los usos que se puede hacer del tema criminal invita a tratar de delimitar esa temática.

 

Ese uso puede relacionarse con la técnica narrativa como es el caso en la novela de García Márquez, Crónica de una muerte anunciada, un relato dominado porla fatalidad que empieza de esa manera: “El día en que lo iban a matar, Santiago Nasar se levantó a las 5.30 de la mañana... ” Es el caso también en la novela Malacara de Guillermo Fadanelli en la cual el carácter criminal del personaje es uno de los elementos que participan a la elaboración de una figura de antihéroe.

El uso puede ser de estricta poética como en la novela El último lector de David Toscana donde el crimen es sólo un tema más de un relato que interroga las relaciones entre la realidad y la literatura.

 

El crimen en la literatura participa de un espacio ficcional que se trata de descifrar. En la novela La prueba de César Aira, la violencia que finaliza el relato ilustra la reflexión sobre el hecho de definir. En la de Juan Gabriel Vásquez, Historia secreta de Costaguana, el protagonista reconstruye la historia de su vida y la de su país y acusa al escritor Joseph Conrad de haberle robado su vida.

 

Pero hablar del crimen es también hablar de la injusticia, de la crueldad y del mal. Bien propone una meditación sobre la crueldad un libro como Las tías de Juan Manuel Morales Chavéz que pone en escena un personaje femenino cuya sumisión y soledad desemboca en el odio. Y para un autor como Bolaño, la reflexiónsobre las relaciones entre la literatura y el mal resultan centrales.

 

A menudo, detrás del tema criminal encontramos un diagnóstico social o una visión histórica.

 

Es así como en su novela Luna caliente, Mempo Giardinelli cuenta la deriva hacia la violencia de un joven burgés: Un retrato de la Argentina dictatorial que propone también la novela de Enrique Medina, El escritor, el amor y la muerte.

Alfredo Bryce Echenique relata, él, los avatares de una acaudalada familia limeña en su novelaDándole pena a la tristeza: un retrato tierno y feroz de una familia que lo pierde absolutamente todo y cuyos últimos descendientes encarnan la más atroz decadencia de un linaje.

 

En cuanto a la relación entre crimen e historia, puede citarse una de las obras claves de la literatura latinoamericana: Facundo (1845) de Domingo Faustino Sarmiento. Esa biografía de uno de los más crueles caudillos de las guerras civiles que sucedieron a la independencia, analiza el desarrollo político, económico y social de América Latina a partir de la oposición entre “civilización” y “barbarie”. Pero muchos otros libros mezclan historia y criminalidad. Podemos mencionar El rufián moldavo de Edgardo Cozarinsky en el cual el asesinato de un chulo inicia una investigación sobre los orígenes.

 

Por otra parte, podemos mirar los relatos que exploran la figura del criminal.  En la novela Hijo de ladrón de Manuel Rojas, un hombre que sale de cárcel vuelve sobre su infancia y su adolescencia. Encontramos el mismo tema en la novela de Mario Mendoza,El viaje del loco Tafur, en la cual un asesino se pregunta lo que le llevó a matar.

La figura del bandido es la más corriente ilustración de ese personaje del criminal, una figura que se beneficia de una larga tradición literaria.Con Chamijo, el argentino Roberto Payró nos invita a seguir las aventuras de una pícaro en la América colonial.

Valentín Fernando, con Desde esta carne nos hace recorrer el espacio marginal de Buenos Aires con cuatro ladrones que roban y traicionan y matan con toda naturalidad. Fabio Javier Echarri nos cuenta él la historia de un vasco que se volvió una leyenda en el Chaco por sus proezas de bandido: Zamacola : historia de un bandolero vasco en el Chaco. Y Miguel Littin, conEl bandido de los ojos transparentes, nos ofrece el relato de una persecución implacable, la de Abraham Díaz, el Torito, por el teniente Ramírez. Se puede mencionar también el libro de Juan Filloy, Caterva, que ofrece el viaje de un grupo de vagabundos unidos por una estafa a la cabeza de la organizadora de la mendicidad en Buenos Aires.

Podemos añadir a esa lista que no tiene nada de exhaustiva los relatos conmovedores de Álvaro Mutis reunidos en su Diario de Lecumberri, frutos de su experiencia carcelaria. Y también el libro de María Carolina Geel, Cárcel de mujeres, que inauguró el género testimonial en la literatura chilena.

Existen, por supuesto, las variantes clásicas de la figura del bandido como el mafioso (Son de almendra de Mayra Montero ambientando en La Habana prerevolucionaria) o el pirata (El médico de los piratas de Carmen Boullosa).

 

El tema criminal interviene a menudo en la literatura en el marco de una reflexión sobre la sociedad y sus fallos, sobre todo en lo que toca a la marginalidad y la pobreza.

 

Numerosos autores denuncian en sus novelas los problemas sociales, la corrupción y la violencia de sus países.

Sergio Álvarez cuenta con 35 muertos las aventuras de un fracasado cuyo destino cruza decenas de personajes y retrata la Colombia de finales del siglo XX. Con Paraíso Travel, Jorge Franco, también Colombiano, trata del exilio a Estados Unidos.

Jorge Ibarguengoïtia se aprecia por proponer en sus novelas, donde la amargura y el ridículo van mezclados, una sátira de la sociedad mexicana. La novelaEl lenguaje del juego de Daniel Sada propone también una pintura social de México ; cuenta las desventuras de un padre de familia que tuvo que cruzar dieciocho veces la frontera norte, consiguió dinero para montar una pizzeríaen su pueblo y se encuentra enfrentando la violencia.

Se puede citar también la obra del argentino Ricardo Piglia, La ciudad ausente, que propone una reflexión sobre la historia oficial en un estado represivo.

Otros escritores usan la crónica o el ensayo para analizar la realidad nacional. Es el caso de Sergio González Rodríguez con su libro Huesos en el desierto que estudia las razones ecomómicas, sociales y culturales del feminicidio que azota desde años y años Ciudad Juarez.

 

La novela negra contemporánea suele caracterizarse por ser una novela en la cual el retrato social es tan importante como la intriga. Se puede citarla novela Hot Line de Luis Sepúlveda cuyo detective es un indio mapuche a quién su jefe explica que un Mapuche en Chile es “como un negro en Alabama”...Se puede citar también el libro de Santiago Gamboa, Perder es cuestión de método, donde trata de la violencia y de la corrupción en Colombia pero en su dimensión universal.

 

Esta denuncia social puede tener como blanco la oligarquía como es el caso en la novela ya citada Dándole pena a la tristeza de Alfredo Bryce Echenique. Puede atacar la burguesía como lo hace el libro de Claudia Piñeíro, Las viudas de los jueves que constituye una denuncia del lado oscuro de unas vidas perfectas en la Argentina actual.

 

Pero hay una temática constante que conlleva una clara denuncia social en la literatura hispanoamericana es la de lo marginal y de la delincuencia. Algunos libros donde aparecen esos temas se han vuelto unos clásicos: El juguete rabioso (1926) de Roberto Arlt que cuenta la lucha inútil de un adolescente para escapar de la miseria y de la humillación; Los cachorros (1967) de Mario Vargas Llosa centrada en unos adolescentes de los suburbios de Lima enfrentando una sociedad en la cual la virilidad es el primer valor; El Frasquito(1973) de Luís Gusmán cuya escritura rinde cuenta del caos de la violencia y de lo marginal.

 

En la producción literaria reciente, esa dimensión social sigue muy presente. En la novela de Osvaldo Aguirre, La deriva, el protagonista oscila entre la ley y lo prohibido, entre las mentiras de los poderosos y la verdad de los marginados.Chamamé de Leonardo Loyola propone una especie de película de vaqueros contemporánea en la cual se enfrentan dos bandidos. Siete maneras de matara un gato de Matías Néspolo cuenta las desventuras de dos amigos con la crisis argentina como trasfondo. Se puede señalar también Trabajos del Reino de Yuri Herrera cuyo héroe es un compositor de corridos que trabaja para un cartel de droga mexicano.

 

Pero el aspecto que pueden explorar todos esos relatos relacionados con lo que se considera criminal puede ser muy diverso:

-El peso de las normas sociales en la novela La babosa de Gabriel Casaccia donde un personaje,doña Angela, siembra desdicha a su alrededor en nombre de la justicia y de la religión.

-El lugar de individuo fuera de normas en la sociedad como en la novela El cojo y el loco de Jaime Bayly.

-La telerealidad: Realidad de Sergio Bizzio.

-El exilio y la marginación de los inmigrantes: El camino a Itaca de Carlos Liscano

-El mundo de la prostitución: Hay que sonreír de Luisa Valenzuela, Santa de Federico Gamboa o Madame Sui de Augusto Roa Bastos.

 

El género más representativo de la relación entre el crimen y la literatura es la novela policíaca, cual, a menudo, resulta una novela negra, un género novelesco que explora la dimensión criminal del mundo y se emparenta con la novela social. El género cuenta con buenos escritores en todos los países de América Latina.

 

En Argentina podemos citar Ernesto Mallo, Claudia Piñeiro, José Pablo Feinmann o Carlos Salem, famoso por sus novelas policíacas de la serie del Tigre blanco dedicadas a un público juvenil. Otros autores incursionaron en el género como Sergio Olguíncon su novelaLanús,Pablo de Santis conEl enigma de París,Ricardo Pigliacon Plata Quemada o el periodista y escritor Martín CaparrósconA quién corresponda.

 

En Chile, tres autores destacan : Roberto Bolaño considerado hoy en día como un de los más importantes escritores de la literatura latinoamericana contemporánea, Ramón Díaz Eterovic quien auscultaen sus novelas las llagas de la dictadura y Roberto Ampuero cuyas intrigas hacen eco a las de Georges Simenon.

 

En Colombia, se puede citar Jorge Franco, Fernando Vallejo o Mario Mendoza cuyas novelas han podido ser adaptadas al cine.

 

En Cuba, el ineludible representante del género es Leonardo Padura.

 

En México, Paco Ignacio Taibo II, Élmer Mendoza et Guillermo Arriaga.

 

Podemos concluír esta lista demasiado breve con el Peruano Diego Trelles Paz y el Uruguayo Rafael Courtoisie cuya novela Santo remedio trata con humor negro de la euthanasia.

 

Esta presencia importante de la novela negra en la literatura contemporánea invita los escritores a reinterpretar el género o a usar de sus códigos. Ya Borges, con Bioy Casares, escribió en sus tiempos parodias de novelas policíacas bajo el pseudónimo de Bustos Domecq et Suárez Lynch.

Osvaldo Tcherkaski en su novela Maten a cualquiera, elabora una investigación en doce cuentos. Antonio Ungar, con Tres ataúdes blancos propone una estructura de thriller que la voz del protagonista y narrador desborda. Y Rodrigo Rey Rosa con  Caballeriza ofrece una historia inquietante e enigmática que constituye una parábola sobre la diferencia. 

La resolución de un enigma puede ser el hilo conductor del relato. Es así como Ricardo Piglia en su novelaya citada La ciudad ausente, va elaborando un laberinto de relatos que cuestionan la historia oficial.

 

El objeto de esa investigación puede ser la intimidad como es el caso en la novela Contigo en la distancia de Carla Guelfenbein. La investigación puede acompañarse de una introspección como en el libro de Leopoldo Brizuela, Una misma noche, cuyo personaje investiga a la vez sobre sí mismo y sobre una organización criminal interrogando la responsabilidad de los ciudadanos frente a la violencia del poder.

 

Algunas novelas juegan entre varios géneros. Por ejemplo Ricardo Piglia en El camino de ida junta los códigos de la autobiografía con los de la novela policíaca. En  No será la tierra, Jorge Volpi propone un fresco de la historia contemporánea donde se juntan relato científico y investigación.

 

La novela histórica latinoamericana es otro acceso posible para explorar las relaciones entre el crimen y la literatura.

 

Para lo que son los relatos verdaderamente históricos, los periodos y los temas pueden ser muy variados. Así, uno de las últimas novelas de Mario Vargas Llosa, El sueño del celta, trata de la vida de Roger Casement quien denunció la violencia colonial en África mientras que la novela El jardín devastado de Jorge Volpi trata de la Guerra de Irak. Ese mismo autor evocó el horror nazi en su novela Oscuro bosque oscuro.

 

Algunos periodos permiten insertar la historia hispanoamericana en la historia mundial como es el caso con el libro de Leonardo Padura que vuelve sobre el asesinato de Trotsky y ofrece un amplio fresco histórico que va desde la URSS de Stalin a la Revolución cubana, pasando por la Guerra de España y el México de Frida Kahlo y Diego Rivera: El hombre que amaba a los perros. Se puede citar también Santa María de las flores negras de Hernán Rivera Letellier que rinde homenaje a uno de los primeros movimientos obreros del siglo XX : la huelga de los trabajadores del salitre en el desierto de Atacama.

 

Pero, por supuesto, numerosas novelas vuelven a episodios claves de la historia del continente.

Abel Posse con Daimón vuelve sobre la figura legendaria de Lope de Aguirre, ese aventurero vasco que se rebeló contra su patria, su Dios y su rey.  

Con Una vaca pronto serás, Néstor Ponce vuelve sobre la explotación y el exterminio de los pueblos indígenas de la Argentina durante el siglo XIX. Un tema que encontramos también en La cautiva de Esteban Echeverría.

En la novela Aliento a muerte de Francisco Haghenbeck, un hombre quiere vengarse...y estamos submergidos en la guerra que sucedió a la ejecución del emperador Maximiliano en 1867.

Existe, por otra parte, en la literatura mexicana, un conjunto de obras centradas en la Revolución mexicana y su herencia, peculiarmente para denunciar sus violencias: El luto humano de José Revueltas cuenta la Guerra cristera y la represión de los que rechazaron las leyes laicas, La sombra del caudillo de Martín Luís Gúzman vuelve sobre la violencia del gobierno de Obregón.

La historia del México del PRI, Partido Revolucionario Institucional, esta contanda con sarcasmo enEl rencor de Fabrizio Mejía Madrid.

 

Para los que aprecian la mezcla entre novela policíaca y novela histórica, aquí vienen algunas pistas de lectura :

 

El caso Neruda de Roberto Ampuero

Pablo Neruda, viejo y enfermo acaba de volver a Chile después de dejar su puesto de ambajador en París. En esta vida famosa, queda un misterio, una duda que atormenta el poeta.

 

Nombre de torero de Luís Sepúlveda

Durante los años sombríos del nazismo, en la cárcel de Spandau, monedas de oro de un valor inestimable desaparecen. Cincuenta años después, luego de la caída del muro de Berlín, dos personajes con pasado turbio  contratan, cada uno por su lado, dos “excombatientes” : Juan Belmonte – quién tiene nombre de torero- y Frank Galinsky para recuperar un botín robado que nadie se atreve a reclamar oficialmente.

 

Las Islas de Carlos Gamerro

Felipe Félix, un hacker, excombatiente de las Malvinas, está convocado por un siniestro multimillonario cuyo hijo mató a un hombre. Los nombres de los testigos del crimen figuran en los archivos de los servicios secretos argentinos. Investigando, Felipe descubre que la Guerra de Malvinas todavía no ha acabado.

 

El bastardo de Alberto Irigoyen

Durante el invierno 1782, la princesa María Luisa de Parma espera a un niño, fruto de una de sus numerosas aventuras extramatrimoniales. Escribe al padre para  informarle. En esta carta, reconoce como ilegítimo al que ha de volverse pretendiente a la corona, Carlos de España.

 

La dimensión social, histórica de la temática del crimen en la literatura se acompaña a menudo de una dimensión política.  Es así como muchos relatos evocan las dictaduras que marcaron la historia latinoamericana.

 

Esa dimensión puede aparecer de manera ficcional como con la novela Buda Blues de Mario Mendoza en la cual un universitario investigando sobre un asesinato descubre un mundo paralelo, el de los anarco-primitivistas. Pero, sobre todo, el tema tratado en esas novelas es la realidad de la violencia y de la corrupción.

Es así como Horacio Castellanos Moya con su libro Insensatez vuelve sobre el genocidio sufridos por los Indios durante la larga guerra civil guatemalteca.

Con Palacio quemado, Edmundo Paz Soldán pone en escena la clase política boliviana.

En Cualquier forma de morir del Salvadoreño Rafael Menjívar Ochoa, narcotraficantes que toman vacaciones en una cárcel organizan una serie de “suicidios”. 

 

La literatura mexicana rinde cuenta también de los problemas de corupción en el mundo político. Carlos Fuentes cuenta en su novela Adán en Edén la alianza de un jefe de seguridad con criminales para ganar los favores de la opinión pública. Y el subcomandante Marcos escribe con Paco Ignacio Taibo II, en 2004, una novela policíaca tituladaMuertos incómodos, un libro de denuncia.

 

Por otra parte, las dictaduras que marcaron la historia política de todo el subcontinente encuentran un eco en la producción literaria.

 

Argentina conoció desde su independencia un régimen autoritario pronto denunciado:El matadero de Esteban Echeverría está redactado en 1838-1840 bajo el segundo mandato de Juan Manuel de Rosas yAmalia de José Marmol, se publica a partir de 1851, cuando el dictador todavía estaba en el poder.

El escritor y periodista Rodolfo Walsh, asesinado por la junta militar en 1977, es una de las grandes figuras de la literatura comprometida. Su investigaciónOperación masacre trata de la matanza de opositores al régimen militar resutante del golpe de estado de 1951 y su libro ¿Quién mató a Rosendo?, elaborado a partir de artículos de una publicación de la CGT, vuelve sobre el asesinato, en 1968, de Rosendo García entonces dirigente de la Unión Obrera Metalúrgica.Chau papá de Juan Damonte es otro libro clave de la época.

Para concluír, la junta militar que estuvo al mando del país de 1976 a 1983, aparece en numerosas obras: Cuarteles de invierno de Osvaldo Soriano,La última noche en que tampoco habló de Daniel Fermani, Un secreto para Julia de Patricia Sagastizabal, Ciencias morales de Martín Kohan, La capital del olvido de Horacio Vázquez-Rial o, también,La crítica de las armas de José Pablo Feinmann en la cual un hijo que quiere arreglar cuentas con la madre patria ha decidido matar a la suya.

 

Bolivia conoció también un largo periodo dictatorial de 1964 a 1982.Edmundo Paz Soldán en su novela La materia del deseo pone en escena un narrador-protagonista que quiere volver a encontrar una novela escrita por su padre asesinado durante una de las últimas dictaduras.

 

En Chile, la esperanza quebrada que trajo la elección de Allende y la violencia de Estado que siguió nutre toda una literatura para guardar la memoria de lo acontecido. Se puede citar, por ejemplo,El himno nacional de Fernando Jerez, una novela que indaga en la psicología de los torturadores.

 

Para el Paraguay, hay que mencionar, por supuesto, al libro de Roa BastosYo, el supremo de Roa Bastos que retrata el dictador José Gaspar Rodríguez de Francia quién goberno el país de 1811 a 1840. Esa novela forma parte del conjunto de  obras denominado novela del dictador; un conjunto que cuenta también conEl señor Presidente de Miguel Ángel Asturias, El recurso del método de Alejo Carpentier, El otoño del patriarcade Gabriel García Márquez o La fiesta del chivo de Mario Vargas Llosa.

 

Se puede añadir a esa lista negra del eco de las dictaduras en la producción narrativa: Sombras nada más de Sergio Ramírez cuya acción se desarrolla durante la caída de la dinastía de los Somoza en Nicaragua o El tigre y la nieve de Fernando Butazzoni basado en los testimonios de una ciudadana uruguaya que fue encarcelada en Argentina.