Horaires

mardi - mercredi - vendredi - samedi

de 10h à 18h (en continu)

Le jeudi

  • de 14h à 18h du 1er octobre au 31 mars
  • de 14h à 20h du 1er avril au 30 septembre

Besoin d'aide ?

aide.png

Espace América

section-america.jpg

  

Un centre documentaire sur les Arts et les Cultures de l’Amérique Latine.

 

Littérature contemporaine (en espagnol et en français)

Films de fiction ou documentaires 

Musique 

Livres d’art contemporain (en espagnol)

Cartes, revues ...

 

Trois publications permettent de découvrir ce fonds exceptionnel :

 

Note Latine, publiée sur le site de la médiathèque et archivée sur le blog l'Ouvre-Muraille, propose des notes de lecture sur la littérature latino-américaine traduite en français.

 

Criminales, publiée sur le site de la médiathèque et archivée sur le blog Apuntes delictivos, propose des notes de lecture sur la collection "crimen y literatura" du fonds América.

 

Chronique de l'Ame, bulletin documentaire trimestriel qui propose des parcours de découverte du fonds América, à consulter sur place...et à emporter si on le souhaite.

 

Tout au long de l'année des animations, en entrée libre, sont organisées pour connaître la richesse culturelle de l'Amérique Latine : club de lectores, projections, cycle cinéma  Doc Latino en été, exposition, rencontres...

L'Espace América est à la disposition des enseignants pour toute activité pédagogique.

Emprunts avec la carte d’adhérent à la médiathèque. Prêt inter-bibliothèques.

 

Note Latine : "Le soir du dinosaure" de Cristina Peri-Rossi

Titre original : La tarde del dinosaurio et La Rebelion de los ninos

Traduction de Laure Bataillon et Françoise Campo-Timal

(Actes Sud, 1985)

 

Parmi les grands auteurs de la littérature latino-américaine, on trouve l'uruguayenne Cristina Peri-Rossi. Né en 1941 à Montevideo, en 1972, alors qu'un régime dictatorial se met en place dans son pays, elle s'exile. Elle s'installera à Barcelone où elle vit encore. Dans ce livre qui réunit deux de ces recueils de nouvelles, on trouve nombre de récits qui donnent voix au sérieux magique de l'enfance face aux non-dits et aux violences du monde adulte. Une écriture analytique et sensible à découvrir ou redécouvrir absolument.

 

"-Pauvre gamine, elle nous a enfin compris, elle vient chercher du secours. Elle est sûrement perdue, elle doit avoir froid dans sa petite robe blanche.

L'enfant parcourut très vite la distance qui les séparait et s'arrêta près d'eux. Elle resta debout à les observer curieusement d'un œil rond. Eux non plus ne bougeaient pas. Il appuya sur le déclic mais le flash ne se déclencha pas. La fillette ne prêtait aucune attention à cet incident fâcheux. Le doigt dans la bouche, elle continuait à les regarder. C'était un doigt potelé et intelligent. Par son petit bout rose elle avait appris à connaître et à aimer le monde. Parfois, il avait un goût de miel, de pomme fraîche, de poussière, de thym. Ou encore, il sentait le citron. Et puis, il lui avait appris à se garder du chaud et des gens à la peau rugueuse et âcre."

Note Latine : "Amours d'occasion" d'Enrique Serna

Traduit par Marie-Ange Brillaud

(Atelier du Gué, 2004)

 

Romancier, essayiste, chroniqueur, Enrique Serna est un des auteurs mexicains actuels à connaître. Son roman Coup de sang a obtenu en 2010, le Prix Antonin Artaud.

Ce recueil de nouvelles, premier ouvrage de l'auteur traduit en français, propose des récits où se mêlent le prosaïsme et l'absurde et qui soulignent la cruauté du monde contemporain. Des récits qui permettent d'apprécier son savoir-faire littéraire : art de la chute ou jeu, parfois virtuose, sur le narrateur...

 

"Une jeune fille arrivant du marché s'arrête devant son bureau improvisé et lui demande le prix des lettres.

"Tu ne sais pas lire ?" La cliente fait non de la tête. "C'est écrit ici que la page est à cinq cents pesos".

La jeune fille scrute le bristol comme s'il s'agissait d'un hiéroglyphe, fouille dans son tablier et en retire une pièce argentée qu'elle pose sur la table. Eufemia avec sa voix autoritaire lui inspire de la terreur.

"A qui s'adresse-t-elle ?"

Le visage de la jeune fille s'empourpre. Elle sourit avec timidité, découvrant des dents ravissantes. Elle est mignonne et bien que jeune elle a déjà des seins de femme.

"C'est pour ton fiancé ?"

Morte de honte, la jeune fille laisse entendre que oui.

"Comment s'appelle-t-il ?"

-Lorenzo Hinojosa, mais je l'appelle Lencho.

-Alors on va écrire Cher Lencho, conseille Eufemia, tout en examinant le visage de la jeune fille pour mesurer à l'éclat de ses yeux la force de son amour. Oui, elle l'aimait, elle était amoureuse la pauvre idiote."

Note Latine : "À toi" de Claudia Piñeiro

Titre original : Tuya

Traduction de Romain Magras

(Actes Sud, 2015)

 

Née en 1960, en Argentine, Claudia Piñeiro est romancière, scénariste et dramaturge. Elle a expliqué, dans un entretien, que la littérature a été pour elle « comme une bouée de sauvetage qu'on lui a lancé ». Elle commence sa carrière d'écrivain en 1991 et son livre Les Veuves du jeudi sera récompensé par le prix Clarín en 2005.

Dans ce court roman, on suit les péripéties tragi-comiques et vitales d'une femme au foyer ordinaire qui découvre peu à peu le vrai visage de son mari. Animée d'un esprit foncièrement pratique, ce personnage d'apparence anodine mène son enquête déployant des stratégies redoutables racontées avec un humour glaçant.

 

"Je rentrai à la maison. La première chose que je fis fut d'aller ranger ces pièces à convictions dans le garage, dans le trou du mur. Avec mes gants en caoutchouc. Le revolver ne passait pas, alors je décidai de le cacher dans le coffre de ma voiture, sous la roue de secours. Il ne me restait plus grand-chose d'autre à faire. Mettre un peu d'ordre dans la maison et laver la vaisselle du petit-déjeuner.Avant de m'y mettre, j'enlevai mon petit tailleur et je me mis à l'aise. A 15 heures, j'en avais terminé. Je me dis : « Allez, maintenant, un repos bien mérité ; je m'installe dans le fauteuil du living avec un bon petit café, et je me détends un peu. » C'est ce que je fis. Mais, à 15h15, je me rongeais déjà les ongles. Impossible de me prélasser en attendant qu'Ernesto rentre et qu'il vienne tout me raconter. Je me mis à faire le ménage."

Note Latine : "Salon de beauté" de Mario Bellatin

Titre original : Salón de Belleza

Traduction de André Gabastou

(Éditions Stock, 2000)

 

Le Mexicain Mario Bellatin est un des écrivains les plus insolites et les plus doués de la littérature latino-américaine actuelle. Chacun de ses livres construit un univers fermé régi par la seule poétique.

Dans ce roman, un homme raconte comment, peu à peu, il a transformé son salon de beauté en mouroir. Une histoire qui a pour toile de fond l'épidémie de sida. Bien que l'on ne trouve aucune mention de cette maladie dans le texte, plusieurs indices l'évoquent : le l'homme est un homosexuel, tous les malades sont des hommes et, surtout, beaucoup d'entre eux sont touchés par une maladie virale et mortelle. Le roman date de 1994, le moment où l'on sort à peine de la décennie noire marquée par l'apparition du sida et le rejet et l'isolement des malades. Bellatin lui-même explique comment est né son livre : « Je suis parti d'une information que j'avais trouvé dans un journal. On y racontait qu'un coiffeur, dans un quartier marginal de Lima, accueillait des malades du sida. Cette anecdote m'a semblé offrir un riche espace de création. »

L'écrivain péruvien Paolo de Lima propose un analyse intéressante de ce roman : « Bien que Salon de beauté respecte les lois de non-espace et non-temps qui régissent l'œuvre romanesque de l'écrivain, notre hypothèse est que l'élaboration du Mouroir [...] fait référence aux aspects mutilés, déficients et structurellement détériorés des sociétés latino-américaines. »

Paolo de Lima rappelle que "Le sida est associé à un groupe à risque qui a eu une conduite sexuelle considérée condamnable par la société. Certains de ses principaux groupes à risque son les homosexuels, les prostituées et les consommateurs de drogues". Dans le roman, plusieurs éléments renvoient à cette marginalisation sociale. Le quartier où se trouve le salon est un quartier marginal. Le mouroir trouve son origine dans la stigmatisation d'un secteur de la société puisque le narrateur commence en accueillant des homosexuels qui ont été attaqués par des homophobes; il décide de faire de son salon un asile pour que les personnes attaquées ne meurent pas "comme des chiens dans la rue, ou dans l'abandon des hôpitaux publics." Le mouroir est attaqué par le voisinage qui craint la contagion, etc.

Paolo de Lima ajoute : "Dans le roman, le fait que les malades n'aient pas d'identité et soient présentés comme partie d'un groupe semble accentuer cette idée que la maladie est un châtiment pour un secteur à risque".

Il faut signaler par ailleurs que le mouroir est un espace qui s'oppose à l'espace social normalisé puisque le narrateur ne veut pas que les associations caritatives ou les institutions publiques interviennent. Une de ses préoccupations est d'imaginer ce que va devenir le mouroir quand, à son tour, il succombera à la maladie : il n'aime pas du tout l'idée que des religieuses soient amenées à prendre en charge le mouroir et il en vient même à penser qu'il faudrait le brûler pour que cela n'arrive pas.

Il est important de noter que c'est le narrateur, et lui seul, qui fixe les règles qui régissent le mouroir :“Comme je crois l'avoir déjà dit, les médecins et les médicaments sont interdits dans le salon de beauté. Ainsi que les simples, les guérisseurs et le soutien moral des amis ou des parents proches. Sur ce plan, les règles du Mouroir sont inflexibles. Ne sont acceptés que de l'argent en espèces, des friandises et du linge pour le lit. Je ne sais pas d'où me vient mon obstination à diriger seul l'établissement. ” Ses règles rigides ne peuvent s'expliquer que si on considère que le mouroir est un espace symbolique de l'existence même : au départ espace dédié à la beauté, il devient un espace dédié à la mort. 

Paula Rodríguez-Abruñeiras de l'université de Wisconsin-Milwaukee, auteur d'une étude intitulée Enfermedad, identidad y simbolismo en Salón de belleza, de Mario Bellatin introduit de la manière suivante sa recherche : “A la lecture du roman, trois aspects se révèlent primordiaux : la valeur symbolique des poissons au fil de la narration, la maladie qui progresse sans merci et la manière de traiter de l'identité (individuelle et collective) que dessinent ces deux aspects". Dans le roman, le narrateur explique longuement son intérêt pour les poissons qu'il avait commencé à acheter pour décorer son salon de beauté. L'étude montre comment ce thème des poissons s'avère le plus intimiste du récit : les couleurs, l'état et le devenir des poissons reflètent les étapes principales de la vie du narrateur. “Ainsi, il n'est pas fortuit que, quand le narrateur découvre sa passion pour les poissons, il s'enthousiasme pour ceux qui ont des couleurs brillantes et qui amènent de la joie dans le salon […] Cependant, vers la fin du roman, ces couleurs disparaissent et laissent place à des poissons plus sombres, résistants et agressifs.”.

En suivant ce fil, un autre thème central apparaît : la beauté et la féminité. Quand le salon est à son apogée, les poissons sont voyants et colorés comme l'est le narrateur lui-même quand il s'habille en femme pour sortir la nuit. Le narrateur avait pour but de proposer à ses clientes un lieu où elles se sentiraient embellies. Quand le salon devient un mouroir, le narrateur refuse de recevoir des femmes malades et il s'explique :  "un salon qui avait embelli à satiété les femmes n'allait pas jeter par-dessus bord toutes ces années de sacrifice." Par ailleurs, au fur et à mesure que la maladie du narrateur progresse, il renonce à s'habiller en femme. Tous ces éléments mettent à jour des paires antinomiques : salon de beauté versus mouroir, beauté versus déclin physique, féminité versus dépersonnalisation.

Note Latine : "Livre de Manuel" de Julio Cortázar

Titre original : Libro de Manuel

Traduit de l'espagnol par Laure Guille-Bataillon

(Gallimard, 1987)

 

Considéré comme un maître de la nouvelle fantastique, Cortázar (1914-1984) est aussi et surtout un créateur novateur de fromes littéraires. Ainsi dans Marelle, puis dans 62 maquette à monter, il propose au lecteur un jeu de combinaisons littéraires qui fait de ce dernier un acteur de la création en réalisant «son montage personnel des éléments du récit».

Paru en en 1973 à Buenos Aires, publié en français en 1974 aux éditions Gallimard, le Livre de Manuel se présente comme un texte hybride où la fiction côtoie la coupure de presse, l'essai se mêle à l'anecdote et la chronique à la poésie. Dès l'incipit le narrateur s'explique : « Personnellement, je ne regrette pas cette hétérogénéité qui a même fini, heureusement, par ne plus me sembler telle après un long processus de convergence : si, pendant des années, j'ai écrit des textes relatifs au problèmes latino-américains en même temps que des romans d'où ces problèmes étaient absents ou n'affleuraient que par la bande, ici et aujourd'hui les eaux se sont mêlées [...] ».

Le récit foisonnant et baroque se nourrit de fragments, d'informations journalistiques, de dialogues, d'épisodes cocasses ou érotiques...pour dresser le portrait d'un groupe d'exilés sud-américains dans les années 1970, époque où sévissent les dictatures sur leur continent et où la jeunesse, partout, rêve de changer le monde.

L'aspect formel du récit peut parfois dérouter : modifications brusques des points de vue, interruptions abruptes du discours, jeux sur le langage, jeux sur la mise en page...Cortázar déploie toute une esthétique de l'inachevé, du tronqué, du fragment, du collage, de l'aléatoire, du télescopage, du hasard, de l'association poétique qui s'inscrit résolument dans les révolutions formelles qui ont marqué le XXe siècle.

Ce dispositif narratif est mis en abîme dans le récit avec le livre préparé pour le bébé Manuel : un livre que les adultes lui composent à partir d'articles de presse et d'images pour que, plus tard, quand il sera grand, il comprenne ce qui s'est passé. Parce que c'est là qu'est tout l'intérêt de ce livre insolite : à travers le témoignage de la figure ambiguë de Cortázar-narrateur, désigné par l'appellation ironique "qui tu sais", c'est toute une époque qu'il est donné au lecteur de revivre, une époque où l'utopie sociale et politique s'accompagnait d'une nouvelle manière radicale de penser et dire le monde. On entend dans ce livre Cortázar parler de l'absurde, de la réalité, de la littérature, de l'histoire de la culture ; il se fait l'écho des idéaux et de la situation politique de l'époque : l'homme nouveau, la décolonisation, la guerre froide...Les fragments prennent ici valeur d'indices précieux pour l'archéologie de notre modernité.

"A un certain niveau du désordre, qui tu sais s'aperçoit qu'il a un peu forcé sur la spontanéité et au moment de mettre en ordre ses documents (impossible de décrire l'espèce de malle ou de soupière géante où il jette à mesure ce qu'il appelle des fiches et qui sont en fait tous les bouts de papiers qui lui tombent sous la main) il arrive que certaine choses qui, sur le moment, lui avaient paru significatives s'amenuisent méchamment tandis que trois bêtises sur la façon de manger de Manuel ou l'opinion de Gladis sur une coiffure, envahissent la soupière et sa mémoire comme si elles étaient-gravées-dans-le-bronze. Qui tu sais ferme à demi les yeux et admet que l'oubli et la mémoire sont des glandes aussi endoctrines que la thyroïde et l'hypophyse, régulatrices de la libido et qui agencent de vastes zones crépusculaires et des arêtes brillantes afin que la vie de tous les jours ne se cassent pas trop la gueule."

Quelques notes sur le cinéma documentaire d'Amérique Latine

sans-titre.png

Si le cinéma de fiction latino-américain arrive à se faire une place dans le panorama filmique, les productions documentaires, elles, restent encore peu visibles hormis au moment des festivals comme ceux qui sont dédiés au cinéma latino tel que le festival de Biarritz Amérique Latine ou le festival Cinelatino de Toulouse. C'est dommage. Certains de ces films font désormais partie du patrimoine cinématographique et politique mondial comme ceux de l'Argentin Fernando Solanas qui réalisa en 1968, après le coup d'état de 1966, L'heure des brasiers (1968), un film conçu comme un outil politique aménageant des moments d'échanges entre spectateurs. Il a aussi réalisé un diptyque - Mémoire d'un saccage (2004) et La dignité du peuple (2007) - qui constitue un enquête exhaustive et engagée sur les causes et les conséquences de la crise économique qui frappa de plein fouet l'Argentine en 2001.

On peut citer aussi le Chilien Patricio Guzmán, qui réalisa La bataille du Chili, monument du cinéma militant des années 1970 qui retrace l'arrivée au pouvoir de Salvador Allende et le coup d'Etat du général Pinochet. Marqué par la dictature, Patricio Guzmán a réalisé plusieurs films qui évoque cette période sombre, notamment, en 1997, un film qui s'attache à raviver la mémoire : Chili, la mémoire obstinée.

Un rôle mémoriel pour le cinéma qu'illustre aussi le travail de la Chilienne Carmen Castillo, qui fut la compagne du leader du mouvement révolutionnaire MIR, abattu par les militaires en 1974. Carmen Castillo a réalisé trois documentaires qui reviennent sur la dictature mais celui que je retiens est La flaca Alejandra, le portrait d'une femme considérée comme l'archétype de la trahison qui amène à une réflexion sur la mémoire historique et la réconciliation.

Les choix formels peuvent varier mais les films documentaires latino-américains frappent par la qualité de leur questionnement.

Le dernier film de Patricio Guzmán, Le bouton de nacre, Ours d'argent du meilleur scénario à la Berlinade 2015, affirme un cinéma qui relève autant de la chronique que de l'essai. Un film qui entraîne le spectateur dans une rêverie sur l'eau qui rappelle les méditations de Bachelard.

Plus récent, le travail de Nicolás Rincón Gille propose avec sa trilogie intitulée Campo Habladoune documentation nue, sans commentaire, de la mémoire orale de la violence dans le monde rural colombien : En lo escondido (Ceux qui attendent dans l'obscurité), Los abrazos del río (L'étreinte du fleuve) et Noche herida (Nuit blessée). Même parcimonie dénonciatrice dans le film Los Herederos (Les enfants héritiers) du Mexicain Eugenio Polgovsky qui montre le travail quotidien des enfants pauvres de son pays.

La fille de Patricio Guzman, Camila Guzmán Urzúa, elle aussi cinéaste, a réalisé un film qui a connu une bonne diffusion : Lerideau de sucre. Réfugiée à Cuba avec sa famille après le coup d'Etat, elle est arrivée enfant. Elle raconte dans ce documentaire le bonheur d'être un enfant à Cuba, l'utopie mais aussi l'artificialité de ce bonheur qui poussa, finalement, ceux qui avaient grandi à l'exil. Cette forme d'auto documentaire est aussi celle employée par l'Equatorien Dario Aguirre qui, avec El Grill de Cesar, livre un récit intime, touchant et drôlatique de ses relations avec son père. Ou encore par la Brésilienne Sandra Kogut dans Un passeport hongrois qui entraîne le spectateur dans le parcours improbable fait par la réalisatrice pour récupérer la nationalité hongroise perdue par ses grands-parents juifs lors de la Seconde Guerre mondiale.

On retrouve ce mélange de tragique et de dérision dans Métal et mélancoliede Heddy Honigmann, un documentaire sur la survie économique dans un Pérou en crise dans les années 1990.

On peut signaler enfin le travail de Marie-Clemence et César Paes, lui est brésilien, à qui l'on doit un documentaire musical sur l'exode rural des paysans du Nordeste : Saudade do futuro.

On le voit le cinéma documentaire d'Amérique Latine compte avec un patrimoine de grande valeur et avec une production vivante que les multiples festivals du continent illustrent : DocsMX au Mexique, FIBDA en Argentine, ATLANTIDOC en Uruguay, ACAMPADOC au Panama, EDOC en Equateur ...

En France, quelques uns de ces films peuvent être acquis par les bibliothèques publiques dans le cadre du programme Images en bibliothèque. C'est pourquoi vous trouverez nombre des films mentionnés dans le fonds América. Je signale aussi que les institutions à vocation culturelle ou éducative peuvent se fournir en documentaires de qualité pour des projections gratuites auprès du fonds Images de la Culture du CNC. 

 

Programme Animations América Janvier-Février 2018

Parcours documentaire : Présence amérindienne

 

De décembre 2017 à février 2018, Espace América

L'Espace América publie un bulletin documentaire trimestriel qui invite à une exploration thématique des collections : Chronique de l'AME. Pour cette nouvelle série, nous nous intéresserons au monde indigène aujourd'hui.

Une petite exposition sur les peuples autochtones du sud-ouest colombien, élaborée par Ramon Vadamootoo, illustrera cette thématique (De mi-janvier à février 2018, à l'Espace América)

 

Cine du Jeudi

Jeudi 11 janvier, 15h30, Auditorium

Balades en accordéons de Claude Coiffier et Jean-Pierre Beaurenaut (V.F., 22 min.)

Surnommé le piano du pauvre, l'accordéon, instrument roi de la musique populaire, fait danser depuis plus d'un siècle. Voyage autour du monde qui montre comment cet instrument s'est mêlé aux traditions musicales et folkloriques favorisant d'harmonieux métissages : Italie, Argentine, France, Russie, Louisiane, Colombie...

Le dernier combat de Ti Raoul de Frédéric Pelle (V.F., 26 min.)

Un hommage à la poésie, à la musique, à la truculence, aux paysages, à la nature et à l'art de vivre martiniquais à travers le portrait attachant de Ti Raoul, l'un des derniers grands maîtres du  «bel air », forme traditionnelle associant le chant, les tambours et la danse.

 

Club de lectores

Mardi 23 janvier 2018, 10h30, Espace América

Escritores poetas

Une fois par mois, un club de lecture en espagnol pour découvrir la littérature latino-américaine. Un thème et la bibliographie qui l'accompagne sont à votre disposition à l'Espace América.

 

Ciné du Jeudi

Jeudi 1er février, 15h30, Auditorium

Psychothérapie d'un indien des plaines d'Arnaud Desplechin

(V.O. Sous-titré en français, 1h 56min)

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, Jimmy Picard, un Indien Blackfoot ayant combattu en France, est admis à l'hôpital militaire de Topeka, au Kansas, un établissement spécialisé dans les maladies du cerveau. Jimmy Picard souffre de nombreux troubles : vertiges, cécité temporaire, perte d'audition... En l'absence de causes physiologiques, le diagnostic qui s'impose est la schizophrénie. La direction de l'hôpital décide toutefois de prendre l'avis d'un ethnologue et psychanalyste français, spécialiste des cultures amérindiennes, Georges Devereux.

 

Ciné du Jeudi

Jeudi 8 février, 15h30, Auditorium

Mémoires de la Terre de feu d'Emilio Pacull

(V.F., 52 min.)

La frontière entre l'Argentine et le Chili court le long de la Cordillère des Andes jusqu'à la Terre de Feu et le Canal de Beagle. Tout autour de ce territoire mystérieux se sont multipliés les passages de conquistadores, d'explorateurs, d'aventuriers et de savants qui ont contribué à forger une légende toujours vivante. Navigant entre passé et présent, le film redessine une histoire convulsive et rend hommage aux habitants d'aujourd'hui comme aux anonymes d'hier.

 

 

Ciné du Jeudi

Jeudi 15 février, 15h30, Auditorium

De Armas, le dernier Taïno de Santi Zagarra

(V.F., 52 min.)

Portrait du grand artiste cubain Jesus Gonzalez de Armas qui vivait et travaillait à Paris. Ses peintures et ses sculptures trouvent leur inspiration dans la culture aborigène des Antilles, celle de Tainos et dans l'histoire de leur disparition.

 

Club de lectores

Mardi 20 février 2018, 10h30, Espace América

Mythologies

Une fois par mois, un club de lecture en espagnol pour découvrir la littérature latino-américaine. Un thème et la bibliographie qui l'accompagne sont à votre disposition à l'Espace América.

 

Ciné du Jeudi

Jeudi 22 février, 15h30, Auditorium

La voix de la prairie de Jean Dulon

(V.F., 52 min.)

A l'ouest du Québec et de la baie d'Hudson, dans les provinces de l'Alberta, du Manitoba et du Saskatchewan, Jean Dulon fait un état des lieux de la francophonie. Si l'histoire de la langue française au Canada commence au XVIe siècle par la côte est, ce sont les métis franco-indiens qui l'introduiront peu à peu dans le grand ouest...

 

 

 

Espace América

Médiathèque de Biarritz

2 rue Ambroise Paré

64200 Biarritz

tel : 05 59 22 28 86

s.scriveloyer@biarritz.fr